
Les
pervers narcissiques

https://mentorshow.com/blog/pervers-narcissique-techniques-destabiliser
Les signes caractéristiques du pervers narcissique apparaissent
au fur et à mesure du processus de démolition entamé sur sa victime. Multiples
et variés, ils sont le reflet d'un miroir qu'une dévalorisation de lui-même a
fait éclater et qu'il compense par un narcissisme censé l'apaiser et le
protéger. La perversion alterne avec la perversité.
Les
traits dominants et récurrents chez le pervers narcissique sont : un esprit
vindicatif, une tendance à la mythomanie, à la paranoïa, un pouvoir de
conviction pouvant entraîner de nombreux dommages collatéraux, des personnes
qui se compromettent pour lui, un acharnement comparable à celui d'un
jusqu'au-boutiste qui voudrait, en outre, donner l'image
de lui d'un martyr, persécuté par la personne qu'il est déterminé à
éliminer définitivement des scènes sociale, privée et professionnelle ! Quitte
à déployer une énergie démesurée à transgresser les terres de sa victime, à
spolier ses jardins secrets, à semer les graines de la discorde, de la
suspicion dans son entourage, à pratiquer la politique de la terre brûlée, pour sortir indemne et victorieux.
Les pervers narcissiques sont considérés comme des psychotiques
sans symptômes, qui
trouvent leur équilibre en déchargeant sur un autre la douleur qu'ils ne
ressentent pas et les contradictions internes
qu'ils refusent de percevoir. Ils «ne font pas exprès» de faire mal, ils font
mal parce qu'ils ne savent pas faire autrement pour exister. Ils ont eux-mêmes
été blessés dans leur enfance et essaient de se maintenir ainsi en vie. Ce transfert de
douleur leur permet de se valoriser aux dépens d'autrui. (« Le Harcèlement
Moral », page 126).
La perversion narcissique consiste
en la mise en place sur une personnalité narcissique
d'un fonctionnement pervers.
Le plus important est de
comprendre que votre interlocuteur ne changera pas, jamais.
Vous
ne pourrez jamais obtenir de lui une quelconque prise de conscience, des
remords, des regrets, des excuses. Si par hasard, son discours le laisse penser,
c'est qu'il vous manipule. La seule chose que vous pouvez faire, c'est vous
protéger.
Pour cela, j'ai appris à me
détacher de ses mots, voire même à ne pas l'écouter. J'ai passé
beaucoup de temps à décortiquer le mécanisme de nos conversations : ce qu'il me
disait, son ton, ses allusions, sa façon de se poser en victime et de me faire
culpabiliser. J'ai du comprendre quels étaient les mécanismes qui se mettaient
alors en place chez moi : sentiment d'injustice, d'incompréhension et volonté
d'arriver à une compréhension mutuelle (impossible), empathie, colère,
tristesse, etc. C'est à ce prix que j'ai pu le «neutraliser».

Pervers
narcissique : « Définition
longue et détaillée de Mme Hirigoyen » envoyé
par Labyne le 20 mars 2006 à 13:15.
Je reporte ici un témoignage très intéressant
reprenant le livre de mde Hirigoyen.
J'ai trouvé cette analyse sur le forum Teemix :
Merci à Labyne pour cette très claire analyse.
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"Le bourreau ou "pervers
narcissique" suivant la pathologie dressée par Mme Hirigoyen,
peut être un homme ou une femme ; la violence morale n'est pas l'apanage des
seuls hommes, bon nombre de femmes sont des tyrans domestiques ; les médias
donnent trop souvent l'impression que les harceleurs sont tous des hommes et
nous devons bannir ce jugement erroné, les hommes victimes ont tout simplement
plus de mal à parler de leurs souffrances.
Quel que soit son sexe, son âge, sa nationalité,
le bourreau a toujours le même comportement, il vampirise sa victime, buvant
son énergie vitale. On peut mettre des années avant de se rendre compte du
processus de destruction mis en place. Au commencement, il peut n'y avoir que
des petites brimades, des phrases anodines mais méprisantes, pleines de sous
entendus blessants, avilissants, voir violents, c'est la répétition constante
de ces actes qui rend l'agression évidente. Souvent un incident vient
déclencher la crise qui amène l'agresseur à dévoiler son piège ; en règle
générale, c'est la prise de conscience de la victime, et ses sursauts de
révolte, qui vont déclencher le processus de mise à mort : car il peut y avoir
véritable mise à mort psychique, où l'agresseur n'hésitera pas à employer tous
les moyens pour parvenir à ces fins: anéantir sa proie.
Le "pervers narcissique" est une personne totalement dépourvue
d'empathie, qui n'éprouve aucun respect pour les autres, qu'il considère comme
des objets utiles à ses besoins de pouvoir, d'autorité. Il a besoin d'écraser
pour exister : et la proie rêvée reste l'enfant fragile et malléable, avec sa
confiance illimitée et sa soif d'amour et de reconnaissance.
Le bourreau ne possède pas de personnalité propre, elle est forgée sur des
masques dont il change suivant les besoins, passant de séducteur paré de toutes
les qualités, à celui de victime faible et innocente, ne gardant son
véritable visage de démon que pour sa victime. Et encore peut
il jouer avec elle au chat et à la souris, faisant patte de velours pour
mieux la tenir, puis sortant ses griffes lorsqu'elle cherche à s'évader.
Ce sont souvent des êtres doués d'une intelligence machiavélique, leur
permettant d'élaborer des pièges très subtils.
Ils culpabilisent à outrance leur proie, ne supportent pas d'avoir tort, sont
incapables de discussions ouvertes et constructives ; ils bafouent ouvertement
leur victime, n'hésitant pas à la dénigrer, à l'insulter autant que possible
sans témoins, sinon ils s'y prennent avec subtilité, par allusions, tout aussi
destructrices, mais invisibles aux regards non avertis.
Méfions-nous de son apparence séduisante. Le pervers narcissique est un
vampire, sans affect, qui aspire la substance vitale de sa victime jusqu'à
l'anéantir.
Un Narcisse, au sens du Narcisse d'Ovide, est quelqu'un qui croit se trouver en
se regardant dans le miroir. Sa vie consiste à chercher son reflet dans le
regard des autres. L'autre n'existe pas en tant qu'individu mais en tant que
miroir. Un Narcisse est une coque vide qui n'a pas d'existence propre ; c'est
un pseudo, qui cherche à faire illusion pour masquer son vide. Son destin est
une tentative pour éviter la mort. C'est quelqu'un qui n'a jamais été reconnu
comme un être humain et qui a été obligé de se construire un jeu de miroirs
pour se donner l'illusion d'exister. Comme un kaléidoscope, ce jeu de miroirs a
beau se répéter et se multiplier, cet individu reste construit sur du vide.
Le Narcisse, n'ayant pas de substance, va se brancher sur l'autre et, comme une
sangsue, essayer d'aspirer sa vie. Etant incapable de
relation véritable, il ne peut le faire que dans un registre pervers, de
malignité destructrice. Incontestablement, les pervers ressentent une
jouissance extrême, vitale, à la souffrance de l'autre et à ses doutes, comme
ils prennent plaisir à asservir l'autre et à l'humilier. Tout commence et
s'explique par le Narcisse vide, construction en reflet, à la place de lui-même
et rien à l'intérieur, de la même manière qu'un robot est construit pour imiter
la vie, avoir toutes les apparences ou toutes les performances de la vie, sans
la vie. Le dérèglement sexuel ou la méchanceté ne sont que les conséquences
inéluctables de cette structure vide. Comme les vampires, le Narcisse vide a
besoin de se nourrir de la substance de l'autre. Quand il n'y a pas la vie, il
faut tenter de se l'approprier ou, si c'est impossible, la détruire pour qu'il
n'y ait de vie nulle part.
Les pervers narcissiques sont envahis par un autre dont ils ne peuvent se
passer. Cet autre n'est même pas un double, qui aurait une existence, seulement
un reflet d'eux-mêmes. D'où la sensation qu'ont les victimes d'être niées dans
leur individualité. La victime n'est pas un individu autre, mais seulement un
reflet. Toute situation qui remettrait en question ce système de miroirs,
masquant le vide, ne peut qu'entraîner une réaction en chaîne de fureur
destructrice. Les pervers narcissiques ne sont que des machines à reflets qui
cherchent en vain leur image dans le miroir des autres.
Ils sont insensibles, sans affect. Comment une machine à reflets pourrait-elle
être sensible? De cette façon, ils ne souffrent pas. Souffrir suppose une
chair, une existence. Ils n'ontt pas
d'histoire puisqu'ils sont absents. Seuls
des êtres présents au monde peuvent avoir une histoire. Si les
pervers narcissiques se rendaient compte de leur souffrance, quelque chose
commencerait pour eux. Mais ce serait quelque chose d'autre, la fin de leur
précédent fonctionnement. Les pervers narcissiques sont des individus
mégalomanes qui se posent comme référents, comme étalon du bien et du mal, de
la vérité. On leur attribue souvent un air moralisateur, supérieur, distant.
Même s'ils ne disent rien, l'autre se sent pris en faute. Ils mettent en avant
leurs valeurs morales irréprochables qui donnent le change et une bonne image
d'eux-mêmes. Ils dénoncent la malveillance humaine. Ils présentent une
absence totale d'intérêt et d'empathie pour les autres, mais ils souhaitent que
les autres s'intéressent à eux. Tout leur est dû. Ils critiquent
tout le monde, n'admettent aucune mise en cause et aucun
reproche. Face à ce monde de pouvoir, la victime est forcément dans un monde de
failles. Montrer celles des autres est une façon de ne pas voir ses propres
failles, de se défendre contre une angoisse d'ordre psychotique. Les
pervers entrent en relation avec les autres pour les séduire. On les décrit
souvent comme des personnes séduisantes et brillantes. Une fois le poisson
attrapé, il faut seulement le maintenir accroché tant qu'on en a besoin. Autrui
n'existe pas, il n'est pas vu, pas entendu, il est seulement utile. Dans la
logique perverse, il n'existe pas de notion de respect de l'autre.
La
séduction perverse ne comporte aucune affectivité, car le principe même du
fonctionnement pervers est d'éviter tout affect. Le but est de ne pas avoir de
surprise. Les pervers ne s'intéressent pas aux émotions complexes des autres.
Ils sont imperméables à l'autre et à sa différence, sauf s'ils ont le sentiment
que cette différence peut les déranger. C'est le déni total de l'identité de
l'autre, dont l'attitude et les pensées doivent être conformes à l'image qu'ils
se font du monde.
La force des pervers est leur
insensibilité. Ils ne connaissent aucun scrupule d'ordre moral. Ils ne
souffrent pas. Ils attaquent en toute impunité car même si, en retour, les
partenaires utilisent des défenses perverses, ils ont été choisis pour
n'atteindre jamais à la virtuosité qui les protégerait.
Les pervers peuvent se passionner pour une personne, une activité ou une idée,
mais ces flambées restent très superficielles. Ils ignorent les véritables
sentiments, en particulier les sentiments de tristesse ou de deuil. Les
déceptions entraînent chez eux de la colère ou du ressentiment avec un désir de
revanche. Cela explique la rage destructrice qui s'empare d'eux lors des
séparations. Quand un pervers perçoit une blessure narcissique (défaite,
rejet), il ressent un désir illimité d'obtenir une revanche. Ce n'est pas, comme
chez un individu coléreux, une réaction passagère et brouillonne, c'est une
rancune inflexible à laquelle le pervers applique toutes ses capacités de
raisonnement.
Les pervers, tout comme les paranoïaques, maintiennent une distance affective
suffisante pour ne pas s'engager vraiment. L'efficacité de leurs attaques tient
au fait que la victime ou l'observateur extérieur n'imaginent pas qu'on puisse
être à ce point dépourvu de sollicitude ou de compassion devant la souffrance
de l'autre.
Le
partenaire n'existe pas en tant que personne mais en tant que support d'une
qualité que les pervers essaient de s'approprier. Les pervers se nourrissent de
l'énergie de ceux qui subissent leur charme. Ils tentent de s'approprier le
narcissisme gratifiant de l'autre en envahissant son territoire psychique. Le
problème du pervers narcissique est de remédier à son vide. Pour ne pas avoir à
affronter ce vide (ce qui serait sa guérison), le Narcisse se projette dans son
contraire. Il devient pervers au sens premier du terme: il se détourne de son
vide (alors que le non pervers affronte ce vide). D'où son amour et sa haine
pour une personnalité maternelle, la figure la plus explicite de la vie
interne. Le Narcisse a besoin de la chair et de la substance de l'autre pour se
remplir. Mais il est incapable de se nourrir de cette substance charnelle, car
il ne dispose même pas d'un début de substance qui lui permettrait
d'accueillir, d'accrocher et de faire sienne la substance de l'autre. Cette
substance devient son dangereux ennemi, parce qu'elle le révèle vide à
lui-même.
Les pervers narcissiques ressentent une envie très intense à l'égard de ceux
qui semblent posséder les choses qu'ils n'ont pas ou qui simplement tirent
plaisir de leur vie. L'appropriation peut être sociale, par exemple séduire un
partenaire qui vous introduit dans un milieu social que l'on envie: haute
bourgeoisie, milieu intellectuel ou artistique... Le bénéfice de cette
opération est de posséder un partenaire qui permet d'accéder au pouvoir. Ils
s'attaquent ensuite à l'estime de soi, à la confiance en soi chez l'autre, pour
augmenter leur propre valeur. Ils s'approprient le narcissisme de l'autre.
Pour des raisons qui tiennent à leur histoire dans les premiers stades de la
vie, les pervers n'ont pas pu se réaliser. Ils observent avec envie que
d'autres individus ont ce qu'il faut pour se réaliser. Passant à côté
d'eux-mêmes, ils essaient de détruire le bonheur qui passe près d'eux.
Prisonniers de la rigidité de leurs défenses, ils tentent de détruire la
liberté. Ne pouvant jouir pleinement de leur corps, ils essaient d'empêcher la
jouissance du corps des autres, même chez leurs propres enfants. Étant
incapables d'aimer, ils essaient de détruire par cynisme la simplicité d'une
relation naturelle.
Pour s'accepter, les pervers narcissiques doivent triompher et détruire
quelqu'un d'autre en se sentant supérieurs. Ils jouissent de la souffrance des
autres. Pour s'affirmer, ils doivent détruire.
Il y a chez eux une exacerbation de la fonction critique qui fait qu'ils passent
leur temps à critiquer tout et tout le monde. De cette façon, ils se
maintiennent dans la toute-puissance : Si les autres sont nuls, je suis
forcément meilleur qu'eux.
Le moteur du noyau pervers,
c'est l'envie, le but de l'appropriation. L'envie est un sentiment de
convoitise, d'irritation haineuse à la vue du bonheur, des avantages d'autrui.
Il s'agit d'une mentalité d'emblée agressive qui se fonde sur la perception de
ce que l'autre possède et dont on est dépourvu. Cette perception est subjective,
elle peut même être délirante. L'envie comporte deux pôles : l'égocentrisme
d'une part et la malveillance, avec l'envie de nuire à la personne enviée,
d'autre part. Cela présuppose un sentiment d'infériorité vis-à-vis de cette
personne, qui possède ce qui est convoité. L'envieux regrette de voir l'autre
posséder des biens matériels ou moraux, mais il est plus désireux de les
détruire que de les acquérir. S'il les détenait, il ne saurait pas quoi en
faire. Il ne dispose pas de ressources pour cela. Pour combler l'écart qui
sépare l'envieux de l'objet de sa convoitise, il suffit d'humilier l'autre, de
l'avilir.
Ce que les pervers envient, avant tout, c'est la vie chez l'autre. Ils envient
la réussite des autres, qui les met face à leur propre sentiment d'échec, car
ils ne sont pas plus contents des autres qu'ils ne le sont d'eux-mêmes; rien ne
va jamais, tout est compliqué, tout est une épreuve. Ils imposent aux autres
leur vision péjorative du monde et leur insatisfaction chronique concernant la
vie. Ils cassent tout enthousiasme autour d'eux, cherchent avant tout à
démontrer que le monde est mauvais, que les autres sont mauvais, que le
partenaire est mauvais. Par leur pessimisme, ils entraînent l'autre dans un
registre dépressif pour, ensuite, le lui reprocher.
Le désir de l'autre, sa vitalité, leur montre leurs propres manques. On
retrouve là l'envie, commune à bien des êtres humains, du lien privilégié que
la mère entretient avec son enfant. C'est pour cela qu'ils choisissent le plus
souvent leurs victimes parmi des personnes pleines d'énergie et ayant goût à la
vie, comme s'ils cherchaient à s'accaparer un peu de leur force. L'état
d'asservissement, d'assujettissement de leur victime à l'exigence de leur
désir, la dépendance qu'ils créent leur fournit des témoignages incontestables
de la réalité de leur appropriation.
L'appropriation est la suite logique de l'envie. Les biens dont il s'agit ici
sont rarement des biens matériels. Ce sont des qualités morales, difficiles à
voler : joie de vivre, sensibilité, qualités de communication, créativité, dons
musicaux ou littéraires... Lorsque le partenaire émet une idée, les choses se
passent de telle façon que l'idée émise ne reste plus la sienne mais devient
celle du pervers. Si l'envieux n'était pas aveuglé par la haine, il pourrait,
dans une relation d'échange, apprendre comment acquérir un peu de ces dons.
Cela suppose une modestie que les pervers n'ont pas.
Les
pervers narcissiques s'approprient les passions de l'autre dans la mesure où
ils se passionnent pour cet autre ou, plus exactement, ils s'intéressent à cet
autre dans la mesure où il est détenteur de quelque chose qui pourrait les
passionner. On les voit ainsi avoir des coups de cur
puis des rejets brutaux et irrémédiables. L'entourage comprend mal comment une
personne peut être portée aux nues un jour puis démolie le lendemain. Les
pervers absorbent l'énergie positive de ceux qui les entourent, s'en
nourrissent et s'en régénèrent, puis ils se débarrassent sur eux de toute leur
énergie négative.
La victime apporte énormément, mais ce n'est jamais assez. N'étant jamais
contents, les pervers narcissiques sont toujours en position de victime, et la
mère (ou bien l'objet sur lequel ils ont projeté leur mère) est toujours tenue
pour responsable. Les pervers agressent l'autre pour sortir de la condition de
victime qu'ils ont connue dans leur enfance. Dans une relation, cette attitude
de victime séduit un partenaire qui veut consoler, réparer,
avant de le mettre dans une position de coupable. Lors des séparations, les
pervers se posent en victimes abandonnées, ce qui leur donne le beau rôle et
leur permet de séduire un autre partenaire, consolateur.
Les pervers se considèrent
comme irresponsables parce qu'ils n'ont pas de subjectivité véritable. Absents
à eux-mêmes, ils le sont tout autant aux autres. S'ils ne sont jamais là où on
les attend, s'ils ne sont jamais pris, c'est tout simplement qu'ils ne sont pas
là. Au fond, quand ils accusent les autres d'être responsables de ce qui leur
arrive, ils n'accusent pas, ils constatent : puisque eux-mêmes ne peuvent être
responsables, il faut bien que ce soit l'autre. Rejeter la faute sur l'autre,
médire de lui en le faisant passer pour mauvais permet non seulement de se
défouler, mais aussi de se blanchir. Jamais responsables, jamais coupables :
tout ce qui va mal est toujours de la faute des autres.
Ils se défendent par des mécanismes de projection : porter au crédit d'autrui
toutes leurs difficultés et tous leurs échecs et ne pas se mettre en cause. Ils
se défendent aussi par le déni de la réalité. Ils escamotent la douleur
psychique qu'ils transforment en négativité. Ce déni est constant, même dans
les petites choses de la vie quotidienne, même si la réalité prouve le
contraire. La souffrance est exclue, le doute également. Ils doivent donc être
portés par les autres. Agresser les autres est le moyen d'éviter la douleur, la
peine, la dépression.
Les pervers narcissiques ont du mal à prendre des décisions dans la vie
courante et ont besoin que d'autres assument les responsabilités à leur place.
Ils ne sont pas autonomes, ne peuvent se passer d'autrui, ce qui les conduit à
un comportement collant et à une peur de la séparation ; pourtant, ils pensent
que c'est l'autre qui sollicite la sujétion. Ils refusent de voir le caractère
dévorant de leur accrochage à l'autre, qui pourrait entraîner une perception
négative de leur propre image. Cela explique leur violence face à un partenaire
trop bienveillant ou réparateur. Si au contraire celui-ci est indépendant, il
est perçu comme hostile et rejetant. "
Les pervers
narcissiques sont incapables d’aimer les autres. Dans leur immense majorité,
ils n’ont aucune « humanité », aucun sentiment humain, aucun état
d’âme, aucun affect. Ils sont froids et calculeurs,
totalement indifférents à la souffrance d’autrui.
Mais tout en étant, le
plus souvent, incapables d’avoir des sentiments
humains, ils simuleront le fait d’être totalement remplis, en apparence, de
bons sentiments humains et d’une sincère empathie pour autrui.
Les pervers peuvent se
passionner pour une personne, une activité ou une idée, mais ces flambées
restent très superficielles. Ils sont en fait souvent vides d’intérêts, sauf
pour leur intérêt immédiat. Ils ignorent les véritables sentiments, en
particulier les sentiments de tristesse ou de deuil (pour les autres). Les
déceptions entraînent chez eux de la colère ou du ressentiment avec un désir de
revanche. Cela explique la rage destructrice qui s'empare d'eux lors des
séparations. Quand un pervers perçoit une blessure narcissique (défaite,
rejet), il ressent un désir illimité d'obtenir une revanche. Ce n'est pas,
comme chez un individu coléreux, une réaction passagère et brouillonne, c'est
une rancune inflexible, implacable à laquelle le pervers applique toutes ses
forces et ses capacités de raisonnement. Et alors, il n’aura que cesse
d’assouvir son dessein de vengeance.
La séduction perverse
ne comporte aucune affectivité, car le principe même du fonctionnement pervers
est d'éviter tout affect. Les pervers, tout comme les paranoïaques,
maintiennent une distance affective suffisante pour ne jamais s'engager
vraiment. L'efficacité de leurs attaques tient au fait que la victime ou
l'observateur extérieur n'imaginent pas qu'on puisse être à ce point dépourvu
de sollicitude ou de compassion devant la souffrance de l'autre.
Les éventuels
dérèglements sexuels ou la « méchanceté » foncière pourraient être
les conséquences de cette absence de sentiments et d’empathie pour les autres.
Il est possible que le manque d’affect empêche de ressentir l’intégralité des
limites morales entre ce qui est permis ou interdit dans la société. Mais ce
n’est qu’une hypothèse.
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« Quand
le Prince ou la princesse n'est plus charmant ou charmante », de Suzan Forward
Tout le monde rêve d'un amour parfait et éternel,
mais nous devons parfois déchanter...
Susan
Forward analyse ici le quotidien de nombreux couples
: l'un, s'accrochant au mythe trompeur de la passion idéale, laisse peu à peu
sa personnalité profonde être détruite; l'autre, pour apaiser son angoisse
intérieure, a besoin de manipuler, dominer et assujettir.
Derrière la façade d'une relation harmonieuse se cachent parfois de profondes
souffrances et une terrible détresse. Il n'est pas toujours facile de savoir le
reconnaître et d'en comprendre les causes.
Cet ouvrage explique comment sortir de cet enfer et trouver le courage de
regarder en face une situation qui n'est plus vivable. Pour enfin reprendre
possession de soi, trouver la force de changer sa relation ou d'y mettre
éventuellement un terme.
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Le pervers narcissique, mardi, 29
mai 2007
Dans les différents
types de manipulation, nous pouvons discerner le
profil du pervers narcissique, lequel est celui qui use de la pire de toutes
les manipulations tant les dégâts qu'elle occasionne sont
dévastateurs et systématiques. L'expression « pervers narcissique » est
utilisée en psychopathologie pour désigner les individus présentant une
personnalité marquée à la fois par un narcissisme exacerbé et des traits de
perversion morale.
Parce qu'il est extrêmement difficile de comprendre réellement ce qu'est un pervers narcissique, je rassemble ici de la documentation
analysant cette pathologie. Elle provient principalement de l'encyclopédie
libre Wikipédia. Cet article est un complément à
celui sur les manipulateurs,
plus généraliste.
Isabelle Nazare-Aga, psychomotricienne et thérapeute
comportementaliste, dresse brièvement dans son livre Les manipulateurs et l'amour,
le profil du pervers narcissique en le comparant à celui du manipulateur dit
"classique" :
La réalité de l'autre
est encore plus niée que dans le cas du manipulateur qui, lui, élabore une
stratégie afin de ne pas être victime d'aversion directe. Le manipulateur agit
plus discrètement que le pervers de caractère et n'éveille pas la vigilance de
son entourage. (...) De plus, il se joue ouvertement des émotions d'autrui et
montre du plaisir à observer l'humiliation de sa victime. (...) La jouissance
de la domination est propre au sentiment pervers. (...) D'après mes
observations cliniques et de nombreux témoignages, je ne considère pas tous les
manipulateurs comme pervers ou sadiques. Environ 20% des manipulateurs seraient
de vrais pervers de caractère.
(« Les manipulateurs et l'amour » d’ Isabelle Nazare-Aga)
L'expression pervers narcissique est utilisée en
psychopathologie pour désigner les individus présentant une personnalité
marquée à la fois par un narcissisme exacerbé et des traits de perversion morale.
L'individu atteint de perversion narcissique, à travers ses conduites et les
modalités relationnelles particulières qu'il va mettre en place avec les
autres, cherche à devenir le « maître » de la relation et à
assujettir l'autre, ce qui a de graves conséquences pour ses victimes.
Cette expression fait appel à deux concepts
psychanalytiques :
Le narcissisme, qui est l'amour de soi, est une composante normale de
la personnalité. Cependant dans certains cas, le sujet peut se fixer
affectivement sur lui-même : on parle alors de trouble de la personnalité
narcissique : le besoin d'être admiré est alors constant, associé à un
manque d'empathie.
La perversion morale qui correspond à un type de personnalité particulier
tendant vers la satisfaction de ses désirs et de ses besoins aux dépends des
autres, qui vont être manipulés et dont les besoins sont niés.
L'expression « pervers narcissique » a été
popularisée dans les années 1990 par les ouvrages de deux auteurs : la
psychologue Marie-France Hirigoyen, dans son ouvrage
très médiatisé sur le harcèlement moral, et le psychanalyste Alberto Eiguer. En revanche ce diagnostic ne figure pas dans les
grandes classifications actuelles, il se rapproche du trouble de la
personnalité narcissique et de la psychopathie, sans les recouvrir tout à fait.
1 Le
profil du pervers narcissique
1.1
Intelligence, niveau culturel
1.2
Absence de valeurs morales
1.3 Égoïsme,
défense agressive de leurs intérêts
1.4 Égocentrisme
1.5
Absence d’empathie
1.6 Haine
et agressivité
1.7
Mensonge
1.8
Mythomanie
1.9 Un
« comédien né »
1.10
Intégration sociale et extraversion
1.11
Orgueil et Combativité
1.12
Sadisme
1.13
Paranoïa
1.14
« Esprit mesquin »
1.15
Narcissisme criminel
2
Psychogénèse et enfance
3 Les
pervers narcissiques sont-ils fous ?
4 Le
pervers narcissique ne se considère pas comme malade
5 Quelle
évolution pour le pervers narcissique ?
6 La
relation du pervers-bourreau, et de sa victime
6.1
Appropriation des qualités de l’autre
6.2
Détruire et nier l’autre
7 Le
profil des victimes
7.1 Profil
des conjoints des pervers narcissiques
7.2
Pourquoi acceptent-elles leur sort et ne se défendent-elles pas ?
8 Ruses,
stratégies et tactiques des pervers narcissiques
8.1
Séduction, jeu sur les apparences
8.2
Dissimulation
8.3
Mimétisme
8.4
Diviser, cloisonner ses relations
8.5 Vous
encenser pour mieux vous couler
8.6 Se
valoriser sans cesse et dévaloriser l’autre
8.7 Le
principe d’autorité
8.8
L’induction (suggérer l’idée à l’autre)
8.9
Contradictions ou contradictions apparentes
8.10
Emploi de messages paradoxaux
8.11
Calomnies et insinuations
8.12
Fausse modestie
8.13
Confusion des limites entre soi et l'autre
8.14
Utilisation de fausses vérités énormes ou crédibles
8.15 Se
poser en victime
8.16
Création d’une relation de dépendance
8.17
Inhiber la pensée critique de la victime
8.18
Tactique du harcèlement moral pervers
8.19
Tactiques ultimes (sur le point d’être confondu)
9.
Annexe : Articles de loi
9.1 De
l'abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de faiblesse
9.2 Loi
contre le harcèlement moral sur le lieu de travail
9.3 La
cruauté mentale et physique
9.4
Article 44 du code de déontologie médicale (Sévices à autrui)
9.5 Loi
visant à renforcer le rôle de l’école dans la prévention des faits de mauvais
traitements à enfants
9.6 Loi du
10/07/1989 sur l'Articulation entre Protection Sociale et Protection Judiciaire
10. Voir
aussi
10.1 Liens
Wikipédia
10.2
Bibliographie
10.3 Liens
externes
Leur manque d’état d’âme, de remords ou
de problème de conscience peut être si extrême, qu’au début de leur relation
avec elles, leurs victimes ne peuvent y croire. Ce manque de scrupule les
déroute, les estomaque ou les abasourdit.
En fait, ils ont un
total mépris pour toutes lois ou contrainte morales. Leur morale est, le plus
souvent, celle de la morale ou la loi du plus fort et/ou du plus rusé, du plus
retors. Il y a le plus souvent, dans leur comportement, la banalisation du mal,
une certaine « relativisation » de la morale, dans le cadre d’un
nihilisme opérationnel, qui peut même être militant. Ils n’ont du respect que
pour les gens plus forts qu'eux, ayant plus de pouvoir et de richesse ou plus
combatifs qu'eux. Faire preuve d’humanité, de sensibilité est souvent vu par
eux comme l’expression d’une forme de naïveté ou de sensiblerie qui n’a pas
lieu d’être. Seuls les résultats comptent : « la fin justifie les
moyens ».
Le pervers narcissique n'éprouve aucun
respect pour les autres, qu'il considère comme des objets utiles à ses besoins
de pouvoir, d'autorité ou servant ses intérêts. Il fait des promesses qu’il ne
tiendra pas, sachant que « Les promesses n’engagent que ceux qui y
croient ». Il n'hésite pas à dérober de l'argent, des bijoux, des
vêtements à son partenaire ou à ses amis sans éprouver la moindre honte. Pris
sur le fait, il est capable de nier avec un aplomb hors du commun...
Charité bien ordonnée
commence toujours par soi-même. Il sait parfaitement et farouchement défendre
ses intérêts et il en a toujours une vision très claire. Son unique objectif
est d’obtenir un bénéfice pour sa propre personne. Il essaye de profiter à
chaque instant de toute opportunité, de toutes les situations, de toutes les
personnes rencontrées - ces personnes étant systématiquement instrumentalisées
tant que cela est possible - pour en tirer, autant que possible, avantage pour
lui. Sa philosophie est toujours utilitariste. Et il sait ménager ceux dont
elle a besoin, son conjoint, une relation de travail… car même l’être le plus
asocial a besoin d’affection, de compagnie, de présence (ne serait-ce que pour
se faire admirer) et donc par moments, sera gentil avec son partenaire.
Il n'est « courageux » que
quand il est sûr de gagner, et que cela va dans le sens du renforcement gratifiant
de son image narcissique. Sinon, il fait preuve d’une extrême prudence et
s’abstient de faire preuve de courage. Lors du naufrage du Titanic, il sera le
premier à passer, selon les prétextes les plus fallacieux, avant les femmes et
les enfants, dans le canot de sauvetage. La notion d’honneur ou d’élégance
morale lui est inaccessible.
Comme pour tous les
narcissiques, tout leur est dû. Elles n'admettent aucune mise en cause et aucun
reproche Leur loi est celle de leur désir, immédiat, dans l'instant. Tout doit
leur céder systématiquement. C’est comme s’ils étaient demeurés, à l’âge
adulte, un enfant gâté. Un petit bobo chez eux prend de graves proportions,
comme si c’était une maladie importante, devant alors inspirer alors la compassion
de l’entourage.
Voici quelques
exemples du mode de pensée du pervers narcissique :
« Je suis génial, je suis fort, je
suis au dessus des autres, dans le haut du panier ». · « Les autres
ne peuvent pas ne pas m’aimer ». · « Je vais me servir de l'autre pour
obtenir ce que je veux, ce à quoi j’ai droit ». · « Je vais
m'arranger pour que ma victime se sente coupable afin qu'elle ne m'en veuille
pas et qu’elle n’ait aucun désir de prendre son indépendance ». ·
« Pourquoi aurais-je un problème de conscience, ce n’est quand même pas de
ma faute si elle est à ce point stupide ou naïve. Je n’y suis pour rien si elle
est si naïve ». · « Ma victime me remerciera pour ce que je fais pour
elle, ce qui est normal étant donné que c’est vrai, sans moi elle ne serait
rien, c’est un honneur que je lui fais ». · « Quand il arrive un
problème - même si c’est autrui qui a ce problème -, j’ai de la peine pour moi,
pas pour autrui » (ce raisonnement est généralement inconscient).
Les pervers
narcissiques sont incapables d’aimer les autres. Dans leur immense majorité,
ils n’ont aucune « humanité », aucun sentiment humain, aucun état
d’âme, aucun affect. Ils sont froids et calculateurs, totalement indifférents à
la souffrance d’autrui.
Mais tout en étant, le
plus souvent, incapables d’avoir des sentiments
humains, ils simuleront le fait d’être totalement remplis, en apparence, de
bons sentiments humains et d’une sincère empathie pour autrui.
Les pervers peuvent se
passionner pour une personne, une activité ou une idée, mais ces flambées
restent très superficielles. Ils sont en fait souvent vides d’intérêts, sauf
pour leur intérêt immédiat. Ils ignorent les véritables sentiments, en
particulier les sentiments de tristesse ou de deuil (pour les autres). Les
déceptions entraînent chez eux de la colère ou du ressentiment avec un désir de
revanche. Cela explique la rage destructrice qui s'empare d'eux lors des
séparations. Quand un pervers perçoit une blessure narcissique (défaite,
rejet), il ressent un désir illimité d'obtenir une revanche. Ce n'est pas,
comme chez un individu coléreux, une réaction passagère et brouillonne, c'est
une rancune inflexible, implacable à laquelle le pervers applique toutes ses
forces et ses capacités de raisonnement. Et alors, il n’aura que cesse
d’assouvir son dessein de vengeance.
La séduction perverse
ne comporte aucune affectivité, car le principe même du fonctionnement pervers
est d'éviter tout affect. Les pervers, tout comme les paranoïaques,
maintiennent une distance affective suffisante pour ne jamais s'engager
vraiment. L'efficacité de leurs attaques tient au fait que la victime ou
l'observateur extérieur n'imaginent pas qu'on puisse être à ce point dépourvu
de sollicitude ou de compassion devant la souffrance de l'autre.
Les éventuels dérèglements sexuels ou la
« méchanceté » foncière pourraient être les conséquences de cette
absence de sentiments et d’empathie pour les autres. Il est possible que le
manque d’affect empêche de ressentir l’intégralité des limites morales entre ce
qui est permis ou interdit dans la société. Mais ce n’est qu’une hypothèse.
Le pervers narcissique
a souvent besoin de haïr pour exister ; c'est une des raisons pour
lesquelles il n’est jamais satisfait par quoi que ce soit (les autres, les
objets…). La haine peut être chez lui un moteur très puissant de son action et
de son comportement. N’arrivant pas à obtenir et jalousant la plénitude ou le
bonheur qu’il observe chez l’autre, il en vient à haïr et à détruire ce qu'il
aime et recherche intensément. Étant incapable d'aimer, il essaie de détruire,
par cynisme, la simplicité de toute relation naturelle et saine.
A cause de leur
histoire personnelle, les pervers n'ont souvent pas pu se réaliser. Ils
observent alors avec envie ce que d'autres qu'eux ont pour se réaliser. Et ils
essaient de détruire le bonheur qu’ils observent auprès d'eux. Prisonniers de
leur propre personnage et de l’image, le plus souvent factice, qu’ils
présentent à la société - ce qui leur impose de terribles contraintes
permanentes -, ils tentent alors de détruire la liberté d’autrui et de lui
imposer des contraintes décidées par eux. Il y a, chez eux, une mentalité
agressive d’envie, de convoitise, d'irritation haineuse à la vue du bonheur,
des avantages d'autrui.
Pour s'accepter et
s’affirmer, les pervers narcissiques doivent triompher de quelqu'un d'autre, le
détruire, jouissant alors de sa souffrance. Cette perception, de ce qu’ils
croient ne pas posséder, est subjective, elle peut même être délirante. Ce
sentiment d'infériorité vis-à-vis de la personne enviée et haïe les pousse à
chercher à posséder ce qui est convoité. Pour combler l'écart qui les sépare de
l'objet de leur convoitise, il leur suffit alors de l'humilier, de l'avilir.
Ils envient la
réussite des autres, qui les met face à leur propre sentiment d'échec, sans
cesse refoulé, car ils ne sont pas plus contents des autres qu'ils ne le sont
d'eux-mêmes. Pour eux, rien ne va jamais. Ils imposent aux autres leur vision
péjorative ou négative du monde et leur insatisfaction chronique concernant la
vie. Ils cherchent, souvent, à démontrer que le monde est mauvais, que les
autres sont mauvais. Personne n’a vraiment grâce à leurs yeux. Agresser les
autres est le moyen d'éviter la douleur, la peine, la dépression.
Ils aiment attendre dans l’ombre,
masqués. Certains calculent leurs coups ou leur vengeance très longtemps à
l’avance, parfois sur plusieurs années (pour eux la vengeance est un plat qui
se mange froid et ils aiment à s’en délecter). C’est la raison pour laquelle
ils peuvent être redoutables et imprévisibles. Et d’ailleurs, ils sont le plus
souvent imprévisibles.
Le pervers narcissique est toujours,
intérieurement, dans la peau d’un autre, il n'est jamais sincère, toujours
menteur. Il peut aussi bien dire la vérité que mentir avec aplomb, d’une façon
jusqu’au-boutiste (comme un « arracheur de dent »). Le plus souvent,
il effectue de sensibles falsifications de la vérité, qu'on ne peut pas
vraiment qualifier de mensonges, et encore moins de constructions délirantes.
Mélanger le mensonge, la sincérité et la franchise - ce qui est, pour l'autre,
très déstabilisant - fait partie de son jeu.
Derrière cette
attitude de mensonge jusqu’au-boutiste, qui paraît parfois suicidaire, se
cache, le plus souvent, une attitude de défi à l’ordre social, une façon de
montrer qu’il est toujours le plus fort et qu’il contrôle toujours la
situation... Même quand il le faudrait, il ne reconnaîtra jamais rien, ni ses
mensonges, ni ses torts, même dans les moments cruciaux lors d’un
interrogatoire policier, voire d'un procès d’assises.
Par contre il pourra reconnaître
éventuellement un mensonge mineur s’il n'a pas grand chose à y perdre. Mais
même l’aveu de ce petit mensonge sera toujours difficile à obtenir de sa part.
Le pervers narcissique
a souvent une composante mythomane. Elle est liée à sa propension au mensonge -
une composante opérationnelle, consciente, pour parvenir plus facilement à ses
fins - et à un besoin de se voir mieux qu’il n'est dans la réalité. Il aime se
mentir à lui-même, sur lui-même. Le déni (de ses défauts, de l'autre) lui
permet de « s'aimer » (et de s’aimer toujours plus).
Comme tout mythomane, il ment souvent
parce qu'il craint la réaction négative de l’entourage (de dévalorisation, par exemple)
qu'entraînerait l'aveu de la réalité et de son mensonge. Sa mythomanie a
tendance alors à s’auto-entretenir, sans fin, voire à se renforcer au cours du
temps. Il se ment à lui-même, sur sa vraie valeur, sur ce qu’il est réellement.
Il sait partiellement qu’il se ment à lui-même, mais en même temps il minimise
son propre mensonge sur lui-même. A certains moments, il finit par croire à son
mensonge et à d’autres, il en est conscient. C’est toute l’ambivalence de la
pathologie mythomane.
Le pervers narcissique est un « comédien né ».
Ses mensonges à force d’entraînement sont devenus chez lui une seconde nature.
Sa palette de
personnalités, de personnages, d’émotions feintes est étonnante. L’éventail de
son jeu d’acteur est étonnant, infini, sans cesse renouvelé.
Il donne le plus souvent l’image d'une personne
parfaitement calme, ne s’énervant jamais.
Le pervers narcissique est en général
apprécié au premier abord car il paraît extraverti, sympathique et séduisant.
Assez fin psychologue, il a souvent un talent pour retourner l’opinion en sa
faveur et emporter l’adhésion à ses idées, même les plus contestables.
Le pervers narcissique
est le plus souvent doté d’une combativité extrême et d’une capacité de rebond
remarquable. Sa mégalomanie, son narcissisme, voire sa paranoïa, renforcent
cette combativité.
Souvent immensément
orgueilleux, voire mégalomane, le pervers narcissique aime gagner, à tout prix,
sans fin, et ne peut admettre, une seule fois, de perdre. Il est prêt à tout,
même aux coups les plus retords, pour ne jamais perdre. Le pervers est comme un
enfant gâté. S’il ne rencontre pas de résistance, il ira toujours plus loin.
À cause de cette
stratégie de victoires sans fin il peut parvenir à se convaincre qu’il n’y a
pas de valeurs morales positives dans l’univers et qu’il gagnera toujours à
agir ainsi.
À la longue cette
tendance, qui peut lui assurer une dynamique du succès pendant un certain
temps, devient une addiction. Signe de sa mégalomanie, elle la renforce en
retour, et l'amène à ne plus pouvoir tolérer la moindre frustration ou
contradiction.
Le pervers narcissique
adore se valoriser, paraître plus qu’il n’est réellement. Toute atteinte à la
haute image qu’il a de lui-même le rend très méchant, agressif. Tous ses
efforts viseront alors à rétablir cette image flatteuse qu’il a de lui-même, et
ce par tous les moyens, y compris par la destruction du perturbateur, celui qui
a commis le crime de lèse-majesté.
Il a une très haute opinion de lui-même.
Les autres sont pour lui quantités négligeables - ce sont des larbins, des
domestiques, des « peanuts »… -. Il déteste qu’on lui fasse de
l’ombre, qu’on se mette en avant, qu’on prenne de l’ascendant sur lui, qu’on
lui résiste, qu’on lui dise non. Il a besoin sans cesse de rabaisser autrui,
par une petite pique de-ci de-là (untel n’a pas de personnalité, untel est
égoïste, untel est ingrat, untel est pingre…).
Un plaisir pervers s'éprouve dans la
vision de la souffrance de l’autre. Le pervers ressent une jouissance extrême,
vitale, à voir l'autre souffrir, à le maintenir dans le doute, à l'asservir et
à l'humilier. Étant incapable de relation véritable, il ne peut en établir que
dans un registre pervers de malignité destructrice. Les êtres humains ne sont
plus pour lui des êtres humains, mais des objets de jeu et de plaisir. Il aime
chosifier l'autre, et faire en sorte que sa victime ne puisse jamais s’en
sortir, ne serait-ce que pour l'empêcher de témoigner contre lui.
À leur personnalité perverse et
narcissique peut parfois se superposer une composante paranoïaque. À force de
duper les gens, le pervers se doit d’être de plus en plus secret et d’être de
plus en plus sur ses gardes. Il se confie de moins en moins. À un moment clé,
il peut se révéler d’une hyper-susceptibilité maladive. Il vit dans une
suspicion constante et une prudence extrême, qu’il dissimule profondément. Sa
paranoïa apparaît alors décupler son intelligence, lui fournissant alors un extraordinaire
regain d’énergie combative.
On est parfois surpris de découvrir,
derrière son apparence généreuse, brillante, très intelligente, un esprit
mesquin, terriblement jaloux, rancunier, vengeur, d'une indéniable petitesse
morale. Ses buts « nobles » et « généreux » se révèlent
alors nettement moins nobles qu’il n’y paraissait au premier abord. Il semble
en effet (et c’est ce qui apparaît à l’analyse) aimer se venger discrètement,
sans témoin, sans que la victime s’en rende compte et il savoure le plus souvent
sa vengeance en solitaire (en secret).
Si sa victime lui a résisté et lui a
fait un affront, il pourra « s’amuser », par exemple, à lui envoyer
une lettre d’anniversaire incompréhensible, à une date éloignée de la date
d’anniversaire, cette action incongrue étant à ses yeux une « bonne
plaisanterie », dont il sera d’ailleurs le seul à rire ou à jouir. Ce
genre de comportement paraît parfois être l'indicateur d’un début de psychose
ou de démence précoce, en tout cas d’une réelle forme de maladie mentale, mais
pas nécessairement.
Terme imaginé par Daniel Settelen, psychiatre, et Denis Toutenu,
psychiatre, dans leur livre « L'affaire Romand : le Narcissisme
criminel », consacré au cas de Jean-Claude Romand, décrit la personnalité
du pervers narcissique au moment où il passe à l’acte criminel.
Psychogénèse
et enfance
Souvent, le pervers
narcissique est quelqu'un qui n'a jamais été reconnu dans sa personnalité
propre, qui a été victime d’investissement narcissique important de la part de
ses parents et qui a été obligé de se construire un jeu de personnalités
(factices), pour se donner l'illusion d'exister et être conforme à l’image
narcissique voulue par les parents.
Le pathologie de l'enfant s'est trouvée induite par les
exigences narcissiques de son entourage familial et scolaire. Une fois adulte,
le narcissique a poursuivi sur sa lancée, instrumentant, tout en en souffrant,
l'aveuglement de son entourage.
Certaines carences
affectives dans l’enfance peuvent aussi l’empêcher, à l’âge adulte, d’aimer
autrui.
Il a pu subir aussi,
durant son enfance ; des blessures narcissiques, plus ou moins
importantes. Ces blessures le pousseront à satisfaire, sans cesse, un énorme
désir de reconnaissance ou de revanche. Il a alors un besoin énorme d'être
aimé, reconnu, surévalué, surestimé par rapport à ce
qu'il est réellement.
Il peut être l’enfant
surprotégé, chouchouté, le petit dernier (à l’exemple du jeune Abdallâh, des
albums de Tintin), statut dont il profite à fond, un de ces enfants qui
profitent sans cesse de l'aveuglement de ses parents sur sa véritable nature
(en se faisant passer pour le petit malade souffreteux, pour la victime
imaginaire des professeurs, du frère ou de la sœur). En particulier l’enfant
unique, tant attendu, conçu tardivement…, qu’on dorlote alors d'autant plus. Ou
simplement un de ces enfants gâtés, à qui ont n’a pas appris à résister à leurs
désirs et leurs frustrations.
De fait, le pervers
narcissique est sans cesse amer, frustré et accuse systématiquement les autres.
A la moindre blessure narcissique, à la moindre frustration il bascule dans la
haine et passe à l’acte.
Dès leur enfance, ces
pervers sont souvent doués d'une intelligence supérieure à la moyenne, voire
redoutable, machiavélique, leur permettant déjà d'élaborer des pièges ou des
stratégies très subtils. Tôt, ils peuvent déjà abuser leurs parents et leurs
amis. L’enfant, plus intelligent, plus psychologue, que les parents
l’imaginent, phagocyte littéralement la mère ou le père (une mère ou un père
complice ou bien qui ne se doute de rien), dans une relation littéralement
fusionnelle qui empêche les parents d’avoir un recul suffisant.
Sa biographie personnelle (son histoire) est importante à
ses yeux car elle justifie, plus que toute chose, sa philosophie de vie et son
comportement actuel.
Selon Marie-France Hirigoyen,
« Les pervers narcissiques sont considérés comme des psychotiques sans
symptômes, qui trouvent leur équilibre en déchargeant sur un autre la douleur
qu'ils ne ressentent pas et les contradictions internes qu'ils refusent de
percevoir. Ils «ne font pas exprès» de faire mal, ils font mal parce qu'ils ne
savent pas faire autrement pour exister. Ils ont eux-mêmes été blessés dans leur
enfance et essaient de se maintenir ainsi en vie. Ce transfert de douleur leur
permet de se valoriser aux dépens d'autrui. » ("Le Harcèlement
Moral", page 126).
En général, on ne les
considère pas comme complètement fous, car ils sont capables de maîtriser et de
calculer leurs actes. Ils ne sont pas irresponsables en particulier sur le plan
pénal. Toutefois la question n’est pas tranchée.
Les psychologues
voient éventuellement dans le narcissisme, quand il est excessif, une
« maladie », une addiction (le « malade » est parfaitement
conscient de sa maladie, mais la minimise, ne peut pas changer ou ne cherche
pas à changer), et non une folie.
Au pénal, les pervers
narcissiques ne bénéficient généralement pas d’une responsabilité altérée ou
atténuée, comme on l’a vu dans le procès de Jean-Claude Romand : Le
pervers connaît la loi et il est conscient de ce qu’il fait (simplement, il le
fait quand même par défi, par jeu, pour le frisson). Donc il reste responsable
de son choix (en tout cas, il semble être responsable pénalement).
Mais le pervers narcissique lui-même se
considère souvent comme « irresponsable » de ses actes. Ce qui
rappelle la litanie des « ce n'est pas ma faute, et ce n'est pas ma faute
… » du Vicomte de Valmont annonçant à Madame de Tourvel
qu’il va rompre d’elle dans le roman "Les Liaisons dangereuses" de
Pierre Choderlos de Laclos. (lettre
CXLI)
S'il accepte de s'y
soumettre (pour pouvoir dire qu'il a fait "tous les efforts
possibles"), il va vite considérer le thérapeute comme nul et incompétent
et la thérapie comme totalement inutile. Peut-être aussi d’ailleurs a-t-il très
peur de découvrir certaines vérités désagréables, sur lui-même (le fait qu’il
ne soit pas si magnifique que ce qu’il imagine).
Pour la plupart des témoins de leur
comportement étrange, il est très difficile de comprendre les pervers
narcissiques car la littérature psychiatrique ne décrit, le plus souvent, que
le mécanisme mais pas leurs motivations profondes (comme celle se s’enfermer
systématiquement dans un mensonge, ou le fait de sans cesse rebondir d’un
mensonge à l’autre). On ne fait que des supputations...
Le pervers narcissique peut-il remédier à son
« vide », à son absence d’intérêt pour les autres, cesser
de projeter vers les autres une personnalité qui n’est pas la sienne ?
En réalité il est
extrêmement rare qu’il change ou veuille changer d’attitude ou de valeurs
morales. Car les gains que lui ont valu cette attitude sont souvent très
importants et très gratifiants pour lui (admiration, célébrité, pouvoir…). On
ne pourra pas changer un pervers narcissique par un « discours
rationnel » car la quête perpétuelle de pouvoir est un moteur puissant et
une source intarissable de plaisir, une véritable drogue dure.
Pour qu’il puisse changer, il faudrait qu’il
subisse des chocs violents et des épreuves très importantes, susceptibles, par
exemple, de déstabiliser la très haute conception qu’il a de lui-même, et
surtout le convaincre qu’à la longue l’efficacité de ses mensonges et de ses
tactiques s’est émoussée. C’est seulement ainsi qu’on pourrait espérer le voir,
peut-être, un jour ( ?), évoluer favorablement. À vrai dire cela n’arrive
presque jamais.
Cependant, en laissant
espérer à son entourage, souvent aveugle, pareil changement, le pervers
narcissique renforce son pouvoir. En donnant à ses victimes l’impression de
chercher sincèrement à s’amender, il endort leur méfiance et en fait plus
aisément ses dupes.
De fait, tout effort d’amélioration
personnelle lui paraît dérisoire, voire ridicule, et il craint surtout d'avoir
tout à y perdre (sa force, son pouvoir et le respect qu’on lui porte) avec le
risque supplémentaire de se faire duper à son tour.
La logique perverse ignore le respect de
l'autre. Autrui n'existe pas, il n'est pas entendu, il est seulement utile. Le
pervers a besoin de l'énergie de certaines personnes pour combler le vide de sa
propre existence. Mais pour cela il lui faut les soumettre.
« Un pervers narcissique ne se
construit qu'en assouvissant ses pulsions destructrices. » (Marie-France Hirigoyen, « Le Harcèlement moral », page 125).
Le pervers narcissique craint ainsi autant la solitude que les personnes qu'il
ne peut pas soumettre. Il a besoin d'avoir toujours auprès de lui quelqu'un,
une victime, qu'il va utiliser pour se mettre en valeur, pour se détourner de
son propre néant, de sa propre réalité peu glorieuse, peu honorable. Il va donc
essayer soit de s'approprier des qualités de la victime, soit de la détruire en
reportant sur elle ses propres défauts (égoïsme, avarice, mensonge…). Le
pervers est un prédateur.
Plus que les biens matériels, ce sont
des qualités morales, autrement plus difficiles à voler, que cherche à
s’approprier le pervers : la joie de vivre, la sensibilité, l'aptitude à
la communication, la créativité, les dons musicaux ou littéraires... Ainsi,
lorsque le partenaire émet une idée, le pervers s'en empare et la fait sienne.
S'il n'était pas litteralement aveuglé par la haine,
il pourrait, dans une relation d'échange, apprendre comment acquérir un peu de
ces qualités qu'il envie. Mais cela supposerait une modestie que par définition
il n'a pas. Les pervers narcissiques cherchent aussi à s'approprier les
passions de l'autre dans la mesure où ils se passionnent pour cet autre ou,
plus exactement, ils s'intéressent à cet autre parce que cet autre est
détenteur de quelque chose qui pourrait les passionner. On les voit ainsi avoir
des coups de cœur, puis des rejets brutaux et « définitifs ».
L'entourage comprend alors mal comment une personne peut être portée aux nues
un jour puis démolie le lendemain.
Les pervers narcissiques ressentent une
envie très intense à l'égard de ceux qui leur semblent posséder les choses
qu'ils n'ont pas ou qui simplement tirent plaisir de leur vie. Ce désir
d'appropriation peut être d'ordre social comme de séduire un partenaire qui les
introduira dans un milieu qu'ils envient, haute bourgeoisie, milieu
intellectuel ou artistique… Le bénéfice qu'ils en attendent est de posséder un
faire-valoir qui leur permette d'accéder au pouvoir. Ils s'attaqueront ensuite
à ce faire-valoir, cherchant à détruire en lui l'estime de soi et la confiance
en soi, afin d'augmenter à leurs yeux leur propre valeur.
Cet autre, dont ils ne peuvent se
passer, n'est même pas un alter ego respecté, qui aurait une existence,
seulement un reflet d'eux-mêmes. D'où la sensation qu'ont les victimes d'être
niées dans leur individualité et leurs qualités.
Le pervers narcissique
cherche constamment à rehausser l’image qu’il a de lui-même. Il lui est pour
cela nécessaire de trouver un être qui l'admire et lui renvoie de lui-même une
image prestigieuse. Mais, refusant d'admettre ce besoin de se sentir
perpétuellement valorisé, il dénie l'attachement à son faire-valoir que pareil
besoin induit, faire-valoir qu'il n'aura de cesse de détruire.
Le pervers ne peut
établir une relation fondée sur la symétrie ; il lui faut dominer l'autre
et le mettre dans l'impossibilité de réagir et d'arrêter ce combat. C'est à ce
titre que l'on est fondé à parler d'une réelle agression sur l'autre, et non
d'un jeu pervers-complice. Il n'y a pas de négociation possible avec le
pervers, tout est imposé, dès le départ, à la victime à qui a été retiré le
pouvoir de dire non et qui, même si elle essayait d'utiliser à son tour des
défenses perverses, ne pourrait jamais atteindre à la virtuosité « dans le
mal » de son bourreau.
Pour parvenir à la
destruction de sa victime, le pervers procède souvent de la façon
suivante : - Il aborde sa victime en affichant une certaine
« chaleur » externe. - Il s'insinue de plus en plus dans la vie de
cette personne. - Il la vampirise par des moyens directs (reproches, insultes,
humiliation...) ou indirects. - Finalement la victime tombe dans la dépression,
la mélancolie, les comportements addictifs, voire l’automutilation. Elle est
ainsi totalement à sa merci ou détruite.
Le pervers entre en
relation avec l'autre pour le séduire. Dès que le poisson est
« ferré », il le maintient tout simplement « accroché »
tant qu'il en a besoin. Il joue avec sa victime au chat et à la souris, faisant
patte de velours pour mieux la tenir, puis sortant ses griffes lorsqu'elle
cherche à s'évader.
Celle-ci peut mettre
des années avant de se rendre compte du processus de destruction mis en place.
Au commencement elle ne subit que des brimades, des phrases anodines mais
pleines de sous-entendus blessants, avilissants, voire violents. C'est la
répétition constante de ces petites attaques qui rend l'agression évidente. Et
il faut un incident pour déclencher la crise qui amène l'agresseur à dévoiler
son piège ou sa tactique.
En règle générale,
c'est la prise de conscience de la victime, et ses sursauts de révolte, qui
vont provoquer le processus de mise à mort. Car l'on assiste bien à de
véritables mises à mort psychiques où l'agresseur n'hésite pas à employer tous
les moyens pour atteindre son but : anéantir sa proie. De fait toute
remise en question de la domination du pervers sur sa victime ne peut
qu'entraîner chez lui une réaction de fureur destructrice.
Le pervers peut
chercher par exemple à éteindre toute libido en refusant soudainement une
relation sexuelle avec son partenaire, tout en le culpabilisant pour cela. Il
cherche ce faisant à éteindre, chez sa victime, toute trace de vie, tout désir
y compris celui de réagir.
Il s'ingénie à
culpabiliser sa proie. Ne supportant pas, un seul instant, d'avoir tort, il
refuse toute critique, toute discussion ouverte et constructive avec sa
victime. Il la bafoue ouvertement, n'hésitant pas à la dénigrer, à l'insulter,
autant que possible sans témoin. Sinon il procède plus subtilement par
allusions, tout aussi destructrices, mais invisibles aux yeux non avertis. La
victime, elle, donne énormément, mais ce n'est jamais assez. N'étant jamais
content, le pervers narcissique prend toujours la position de la victime d'une
frustration dont il rend sa propre victime responsable.
Il dévore sa victime
en se persuadant que c'est elle qui sollicite la sujétion. Il refuse de voir ou
de reconnaître les difficultés qu’il crée dans la relation, car cela
l'amènerait à une perception négative de sa propre image. Il en rejette la
responsabilité sur son partenaire pour peu que celui-ci fasse preuve de
bienveillance ou s'applique à jouer un rôle réparateur. Mais si ce dernier
refuse d'accepter les torts imaginaires qui lui sont injustement imputés, il
est immédiatement accusé d'être hostile et rejetant.
Il ne mesure pas à la
même aune son comportement, toujours irréprochable selon lui, et celui des
autres, toujours en faute. Il ne voit jamais la disproportion entre le peu
qu’il « donne » et ce qu’il reçoit. C'est toujours l'autre, et jamais
lui, qui fait preuve d'ingratitude et de mesquinerie.
L’existence même de la victime peut
constituer, pour le pervers, un reproche permanent de sa perversité, et elle
devient alors, à son insu, celle sur qui va se focaliser sa haine. Le pervers
s’en prendra d'ailleurs à tous les « redresseurs de torts », à tous
ceux qui auront cherché à le faire changer, et il n’aura de cesse de les faire
chuter (moralement, socialement) car ils auront commis le crime, impardonnable
à ses yeux, de faire intrusion dans son système de « confortement
narcissique permanent ».
Elles sont dotées des qualités que le
pervers précisément convoite : douées et cherchant toujours à donner le
meilleur d'elles-mêmes, elles sont séduisantes. Vives et extraverties, elles
aiment parler de leurs réussites et exprimer leurs joies. Etant profondément
généreuses, elles ne peuvent se résoudre à admettre la perversité de leur
bourreau et s'appliquent à lui trouver des excuses. Toujours prêtes à se sentir
responsables, voire coupables, acceptant facilement la critique, elles
s'épuisent à donner au pervers une impossible satisfaction.
Elles introjectent la
culpabilité : « Tout est de ma faute ! », ce qui permet au
pervers narcissique une projection hors de soi-même en rejetant la culpabilité
sur l'autre : « C'est de sa faute ! » (cf. Marie-France Hirogoyen, « Le Harcèlement Moral », p. 112).
Le pervers recherche
souvent une personnalité maternelle, aimante, dévouée, parce qu'il a besoin
d’être aimé, admiré - même et surtout s'il est lui-même incapable d’aimer -,
d’avoir quelqu'un entièrement à son service. Mais l'attirance qu'il ressent
pour elles n'exclut pas la haine.
Il prend le plus
souvent ses victimes parmi des personnes pleines d'énergie et d'amour de la
vie, pour les vampiriser et les « dévitaliser ». Il choisit de
préférence des personnes honnêtes, sincères, gentilles, qui cherchent vraiment
à consoler et à réparer, mais aussi naïves, sans trop d’esprit critique, voire
fragiles, afin de les amener plus facilement et plus rapidement à accepter une
relation de dépendance.
La victime recherche
souvent de son côté une personne forte et charismatique qui la rassure, et
c’est là justement l'image que le pervers veut donner de lui.
Les victimes désignées
sont celles qui ont besoin d’un but valorisant pour exister - visiteuse de
prison, bénévoles d’ONG… -, qui veulent agir pour le bien, et aiment à
s’occuper des « chiens perdus sans collier ». Elles tomberont
aisément sous l'emprise des pervers dans lesquels elles verront, souvent à
tort, une personne fragile, un enfant à protéger.
Le pervers vit et se
nourrit de l’espoir que la victime place, naïvement ou désespérément, en lui ou
en quelque chose qu'il lui fait miroiter en permanence par des promesses
fallacieuses. Cet espoir, pour la victime harcelée, est de « guérir »
le harceleur et c'est cette illusion qui la fait rester dans la relation, et
continuer à subir les attaques qui la détruisent sans réussir à la
« décrocher » pour autant.
On s'étonne souvent
que, malgré l’évidence des preuves, les victimes ne quittent pas leur bourreau.
Mais c'est qu'en elles se mêlent aussi fierté, aveuglement, entêtement,
dissonance cognitive, refus de la réalité. Car admettre la réalité serait trop
douloureux, trop insupportable, quand l’investissement affectif dans le
conjoint ou le partenaire a été l'objet a pris tant de place dans leur vie.
Elles auraient trop à perdre à y renoncer, à commencer par leurs illusions.
Il y a souvent chez
elles un amour fier, fanatique et aveugle (voire délirant), pour le compagnon
ou l'enfant pervers. Par orgueil elles ne veulent pas se reconnaître comme
victime, car elles espèrent toujours contrôler la situation. Du moins le
pervers le leur laisse-t-il croire, alors que c’est toujours lui le vrai
marionnettiste qui sait tirer les bonnes ficelles.
Pour certains
psychanalystes les victimes d'une agression perverse sont secrètement complices
de leur bourreau en instaurant ou favorisant une relation sadomasochiste,
source de jouissance pour le pervers qu'elles espèrent ainsi contenter, pour
mieux se faire accepter par lui. On est alors dans une relation
psychopathologique.
Certaines victimes semblent souffrir au
départ d’un manque de confiance en soi pathologique qui leur fait accepter
aisément toute forme de soumission. Mais la plupart des victimes ne sont pas
nécessairement masochistes : ce qui différencie les victimes de pervers
des masochistes, c'est que lorsque, au prix d'un immense effort, elles
parviennent à se séparer de leur bourreau, elles ressentent une immense
libération, parce que la souffrance en tant que telle ne les intéresse pas.
On remarque que ces épouses (ou époux,
le pervers narcissique n'est pas nécessairement masculin) se retrouvent un peu
dans la même situation que celles des femmes battues. Elles subissent
graduellement un lavage de cerveau, d’autant plus facilement qu’elles-mêmes
sont souvent à la recherche d’un compagnon qui puisse les structurer. Elles
peuvent même trouver excitant le côté sombre de leur partenaire. Elles peuvent
être au courant de ses antécédents (problèmes de mœurs, prison, mauvaises
actions racontées à l’envi par le pervers à son partenaire etc.) et pourtant
tout lui pardonner.
Beaucoup d’entre elles
restent avec leur mari parce qu'elles ont peur pour leur avenir, pour celui de
leurs enfants, et pour leur sécurité matérielle. Beaucoup sont financièrement
dépendantes de leur mari. Autant de raisons pour qu'elles acceptent le statut
quo et se contentent d’un « bonheur au rabais ».
Les pervers
narcissiques mariés ont souvent des épouses soumises qui ont sans doute peur de
perdre leur « homme » et ne posent aucune question, même devant des
évènements très troublants. Leur relation avec leur mari est loin d'être
parfaite, mais elles s'en contentent. Elles espèrent toujours se tromper sur
son compte, ou le corriger avec leur amour.
Elles ne reviennent à
la réalité que lorsqu’elles échappent à l'attraction machiavélique qu'exerçait
leur compagnon et que le monde dans lequel il les avait contraintes à vivre
s’écroule peu à peu. Lorsqu'elles découvrent qui est réellement leur mari,
elles perdent en fait toutes leurs certitudes. « Ces femmes ont des
soupçons qu'elles ne veulent pas croire ». « La réalité est que le
mariage est une chose très compliquée et qui doit répondre à beaucoup de
besoins. Ce qui est acceptable pour une personne peut ne pas l'être pour une
autre ».
Il est possible que,
quel que soit l'aspect monstrueux du mari, ce dernier est
capable par moment de tendresse, d'une tendresse toute relative dont se
contentera alors l'épouse. D’autres sont l’objet de menaces, de punitions, le
plus souvent subtiles, voilées, dans le cadre d’une sorte de dressage.
Comme Monique Olivier,
55 ans, visiteuse de prison qui avait rencontré Michel Fourniret
lors de son séjour à Fleury-Mérogis avant de l’épouser, en 1989, une personne
effacée « craintive, très impressionnée par son mari mais pas dans une
logique de remords », ne s'étant pas révoltée une seule fois, selon le
procureur général de Reims.
Parlant des femmes des
tueurs en séries - le cas extrême - Michèle Agrapart-Delmas,
psychocriminologue, expert judiciaire auprès de
Roy Hazelwood, psychologue, a relevé que beaucoup de sadiques
sexuels expérimentent sur leurs épouses certains comportements qu’ils
accomplissent par la suite sur leurs victimes. Séduites, fascinées, vampirisées
par la personnalité de leurs maris, elles peuvent perdre une partie de leur
humanité. Selon ce dernier, on ne deviendrait pas toujours la femme d’un grand
pervers par hasard. Certaines femmes sont fascinées par les tueurs en série ou
les pervers. L’un des plus célèbres, Ted Bundy, qui a
inspiré le film « Le silence des agneaux », a été inondé de demandes
en mariage avant son exécution en Floride, le 24 janvier 1989.
La plupart du
temps ces victimes ne peuvent rien faire. Elles sont trop faibles pour se
défendre face à leur persécuteur, trop faibles pour prouver aux autres que la
personne qui les a persécutées n’est pas celle qu’elle s’évertue à paraître.
Elles sont souvent déstabilisées par l’absence de scrupules et la capacité de
mensonge jusqu’au-boutiste de leur bourreau. De plus, elles savent qu’il est
capable de terribles vengeances. Il y a souvent chez elles un mélange de
fascination et de peur, comme la souris devant le naja.
De plus
certains pervers infligent à leurs victimes des coups moraux si terribles, qu'il
faut à leurs victimes beaucoup de temps pour s’en remettre. Certaines ne s’en
remettent d’ailleurs jamais et peuvent aller jusqu'à se suicider.
L’aveuglement
de certaines victimes est semblable à celui des membres d’une secte face aux
agissements de leur gourou. Elles croient se défendre sans mesurer la puissance
de l’emprise à laquelle elles sont soumises et le courage immense qu'il leur
faudra pour s’en libérer. Elles peuvent alors trouver plus facile de se bercer
d’illusions que de s'engager dans ce difficile effort libératoire.
Le pervers a
en général beaucoup d’imagination, et il est difficile de recenser, ici, les
milliers de ruses et tactiques, dont il dispose dans son arsenal.
Contrairement
au pervers de caractère, qui irrite son entourage par ses revendications et nie
radicalement l’autre, le pervers narcissique, lui, réussit à créer un élan
positif envers lui. Comme toute personne manipulatrice, il sait se rendre
aimable.
Il change de
masque suivant les besoins, tantôt séducteur paré de toutes les qualités,
tantôt victime faible et innocente. Il a un souci scrupuleux des apparences,
donnant le plus souvent l’image, valorisante pour son ego, d’une personne parfaite,
image qui cache son absence d’émotion, d’amour, de sincérité et d’intérêt pour
tout ce qui n’est pas lui. Il ne s'intéresse pas à la réalité, tout est pour
lui jeu d'apparences et de manipulation de l'autre. Il excelle à susciter,
amplifier et faire alterner chez l'autre regrets et
peurs.
Le pervers
agit à l’abri des regards. Les maltraitances sont rarement sous le feu des
projecteurs, mais plutôt perpétrées dans le secret des alcôves. Les pervers
sont les professionnels de la double vie et de la double personnalité.
Ce sont de
véritables caméléons, aptes à mimer les attitudes et les paroles de son
interlocuteur pour susciter chez lui l'illusion d'un accord parfait, d'une
entente exceptionnelle qui ne cesse de s'approfondir. Le mimétisme est
d’ailleurs l'une des techniques employée par
Par prudence,
il divisera et cloisonnera ses relations, afin qu’on ne puisse pas recouper ses
mensonges ou que ses victimes ne risquent pas de se s'allier contre lui. Sa
technique, dans ce domaine, finit par être magistrale.
Il commence
par vous encenser. Vous êtes le meilleur, le plus doué, le plus cultivé…
Personne d'autre que vous ne compte pour lui (il n'hésite d'ailleurs pas à dire
la même chose successivement à plusieurs personnes). Ces éloges et ces
protestations d'attachement lui permettent de mieux « vous couler »
ensuite en jouant sur l'effet de surprise, et de vous atteindre d'autant plus
que vous ne vous attendiez pas à l'attaque et qu'il a en outre pris soin de
choisir précisément le moment où vous pouviez le moins vous y attendre.
Les narcisses cherchent à évoluer sous les feux de
la rampe, à choisir des situations où d'autres pourront les admirer. Ils
veulent capter l'attention de leurs semblables qu'ils considèrent, par
ailleurs, comme de simples faire-valoir, victimes potentielles qu’ils
n'hésiteront pas à critiquer en public, souvent insidieusement.
Il utilise son
pouvoir de séduction, ses talents de comédien, son apparence de sérieux, toutes
les facettes de ses « personnalités » pour s'imposer. Il aime arrêter
toute discussion par quelque phrase définitive, utilisant le principe
d’autorité : « Je suis malade ! », ou bien « Tu te
rends compte de ce que tu me demandes ! », « Je ne peux pas
discuter avec toi pour l’instant, tu vois bien que je suis pris ».
La grande
force du pervers narcissique est l'art de l'induction.
Il s'applique
à provoquer chez l'autre des sentiments, des réactions, des actes, ou, au
contraire, à les inhiber. Il fonctionne en quelque sorte comme un magicien
maléfique, un hypnotiseur abusif, utilisant successivement injonctions et
séduction. Évitant d'exprimer à l'autre ce qu'il pense, de l'éclairer sur ses
intentions, il procède par allusion, sans jamais se compromettre. Pour mieux
duper, il suscite chez l'autre un intérêt pour ce qui va faire l'objet de la
duperie, qu'il va rendre aussi alléchant que possible sans jamais en parler
ouvertement. Étalant connaissances, savoir, certitudes, il va pousser l'autre à
vouloir en savoir plus, à convoiter l’objet en question et à exprimer son désir
de se l’approprier.
Il procède de
la même façon s’il a l'intention a priori de refuser quelque chose. L'autre,
qui n'avait pas l'idée de demander quoi que ce soit, va se sentir pris à
contre-pied sans savoir exactement pourquoi : il se promettra alors de ne
jamais demander quelque chose, il doutera de sa propre honnêteté, ou même se
sentira suspect, entrant inconsciemment dans le jeu du pervers narcissique. Ce
dernier, pour prendre l'ascendant sur sa « victime », assortira
volontiers son discours d'un message moralisateur et s'affichera comme un être
« noble et pur », contraignant l'autre qui ne veut pas être repoussé
à s'identifier à cette morale, que cela soit dans l’acceptation ou le refus de
la chose suggérée.
Faisant parler
le pervers narcissique, Alberto Eiguer écrit :
« Il faudrait que vous agissiez de sorte qu'il ne reste aucun doute que
vous êtes moi... et que tout ce que vous faites, dites ou éprouvez, confirme
que je suis le seul, moi, le plus grand et cela même au prix de votre propre
disqualification ». On touche ici au fondement de l'induction narcissique.
Un jour,
relâchant sa vigilance, content et fier de son coup, le pervers narcissique
pourra même se vanter auprès de tiers auxquels il prête ses propres pensées, de
son succès, l'autre l'avait mérité, puisqu’il « n'avait qu'à ne pas être
si bête et si naïf ».
Mais même
quand les contradictions de son comportement éclatent semant alors le doute sur
sa personnalité, ses intentions ou sa sincérité, il parvient le plus souvent à
rattraper ses erreurs et à restaurer la belle image de lui-même qu'il a laissée
se fissurer par manque de prudence. Il affirmera alors, par exemple, qu’il a
plaisanté et qu’il ne cherchait qu’à tester son interlocuteur.
La plupart du
temps, on lui pardonnera malgré tout, parce qu'il sait se rendre sympathique et
surtout parce qu’il a toujours une explication pour justifier un comportement
soudain contradictoire. L’erreur « désastreuse » sera mise sur le
compte d’une faiblesse momentanée, d'une fatigue, d’un surmenage, d’une
maladie. Finalement, on se dira que toute personne « parfaite » est
faillible.
« Le
pervers narcissique, […] aime la controverse. Il est capable de soutenir un
point de vue un jour et de défendre les idées inverses le lendemain, juste pour
faire rebondir la discussion ou, délibérément, pour choquer. »
(Marie-France Hirogoyen, Le Harcèlement moral, page
108)
Le pervers
narcissique se complaît dans l'ambiguïté. Par ses messages paradoxaux, doubles,
obscurs, il bloque la communication et place sa victime dans l'impossibilité de
fournir des réponses appropriées, puisqu'elle ne peut comprendre la situation.
Elle s'épuise à trouver des solutions qui seront par définition inadaptées et
rejetées par le pervers dont elle va susciter les critiques et les reproches.
Complètement déroutée, elle sombrera dans l'angoisse ou la dépression (voir
Marie-France Hirigoyen, « Le Harcèlement
Moral », « La communication perverse », p. 111).
« Calomniez,
calomniez, il en restera toujours quelque chose ! » (Beaumarchais).
Le pervers
narcissique a le talent de diffamer sans avoir l’air d'y toucher, prudemment,
en donnant l’apparence de l’objectivité et du plus grand sérieux, comme s’il ne
faisait que rapporter des paroles qui ne sont pas les siennes. Souvent il ne
porte pas d’accusation claire, mais se contente d'allusions voilées,
insidieuses. À la longue, il réussira à semer le doute, sans avoir jamais
prononcé une phrase qui pourrait le faire tomber sous le coup d’une accusation
de diffamation.
Il usera du
pouvoir de la répétition et ne cessera pas de semer le doute sur l’honnêteté,
sur les intentions de l’adversaire qu'il veut abattre s'appuyant sur la
tendance humaine à croire « qu’il n’y a pas de fumée sans feu ».
Lors de
l’utilisation de la technique de l’induction (voir plus haut), il se présente
bien volontiers comme une personne modeste, n’osant pas proposer ses solutions
ou l’objet de sa duperie (l’appât), l’objet qu’il veut soumettre à la
convoitise de l’autre.
Comme un rusé
paysan, il est capable parfois de se faire passer pour bête et naïf, prêchant
le faux pour savoir le vrai. Un très bon moyen de guerre psychologique pour
tirer les vers du nez d’une personne trop pleine de certitudes.
Le pervers
narcissique n'établit pas de limites entre soi et l'autre. Il incorpore les
qualités de l'autre, se les attribue pour pallier les faiblesses de sa
véritable personnalité et se donner une apparence grandiose. Ces qualités qu'il
s'approprie, il les dénie à leur véritable possesseur, cela fait partie
intégrante de sa stratégie de la séduction. « La séduction perverse se
fait en utilisant les instincts protecteurs de l'autre. Cette séduction est
narcissique : il s'agit de chercher dans l'autre l'unique objet de sa
fascination, à savoir l'image aimable de soi. Par une séduction à sens unique,
le pervers narcissique cherche à fasciner sans se laisser prendre. Pour J.
Baudrillard, la séduction conjure la réalité et manipule les apparences. Elle
n'est pas énergie, elle est de l'ordre des signes et des rituels et de leur
usage maléfique. La séduction narcissique rend confus, efface les limites de ce
qui est soi et de ce qui est autre. On n'est pas là dans le registre de
l'aliénation - comme dans l'idéalisation amoureuse où, pour maintenir la
passion, on se refuse à voir les défauts ou les défaillances de l'autre -, mais
dans le registre de l'incorporation dans le but de détruire. La présence de
l'autre est vécue comme une menace, pas comme une complémentarité. »
(Marie-France Hirigoyen, Le Harcèlement Moral, p.
94).
La
communication perverse est au service de cette stratégie. Elle est d'abord
faite de fausses vérités. Par la suite, dans le conflit ouvert, elle fait un
recours manifeste, sans honte, au mensonge le plus grossier.
« Quoi
que l'on dise, les pervers trouvent toujours un moyen d'avoir raison, d'autant
que la victime est déjà déstabilisée et n'éprouve, au contraire de son
agresseur, aucun plaisir à la polémique. Le trouble induit chez la victime est
la conséquence de la confusion permanente entre la vérité et le mensonge. Le mensonge
chez les pervers narcissiques ne devient direct que lors de la phase de
destruction, comme nous pourrons le voir dans le chapitre suivant. C'est alors
un mensonge au mépris de toute évidence. C'est surtout et avant tout un
mensonge convaincu qui convainc l'autre. Quelle que soit l'énormité du
mensonge, le pervers s'y accroche et finit par convaincre l'autre. Vérité ou
mensonge, cela importe peu pour les pervers : ce qui est vrai est ce
qu'ils disent dans l'instant. Ces falsifications de la vérité sont parfois très
proches d'une construction délirante. Tout message qui n'est pas formulé
explicitement, même s'il transparaît, ne doit pas être pris en compte par
l'interlocuteur. Puisqu'il n'y a pas de trace objective, cela n'existe pas. Le
mensonge correspond simplement à un besoin d'ignorer ce qui va à l'encontre de
son intérêt narcissique. C'est ainsi que l'on voit les pervers entourer leur
histoire d'un grand mystère qui induit une croyance chez l'autre sans que rien
n'ait été dit : cacher pour montrer sans dire. » (Marie-France Hirigoyen, Le Harcèlement moral, page 94)
Il use d'un
luxe de détails pour éteindre la vigilance de ses proches. « Plus le
mensonge est gros, plus on a envie d'y croire. »
Lors des
séparations, les pervers se posent en victimes abandonnées, ce qui leur donne
le beau rôle et leur permet de séduire un autre partenaire, consolateur.
Il peut se
faire passer pour faible, pour le « chien perdu sans collier »,
prendre la mine de chien battu, les yeux tristes, dont voudront alors justement
s’occuper les femmes maternelles, dévouées, celles ayant une vocation de dame
patronnesse, celles n’existant que par le dévouement à autrui, celles qui
deviendront souvent leurs future victime. Cela afin de
mieux faire tomber dans ses filets
Il a
d’ailleurs un talent fou pour se faire passer pour une victime. Comme il a un
talent fou, pour se faire passer pour malade ou irresponsable ou tirer profit
d’une maladie (imaginaire ou réelle), d’un accident, user ou abuser d’un
handicap réel etc.
L'autre n'a
d'existence que dans la mesure où il reste dans la position de double qui lui
est assignée. Il s'agit d'annihiler, de nier toute différence. L'agresseur
établit cette relation d'influence pour son propre bénéfice et au détriment des
intérêts de l'autre. « La relation à l'autre se place dans le registre de
la dépendance, dépendance qui est attribuée à la victime, mais que projette le
pervers [sur l’autre]. A chaque fois que le pervers narcissique exprime
consciemment des besoins de dépendance, il s'arrange pour qu'on ne puisse pas
le satisfaire : soit la demande dépasse les capacités de l'autre et le
pervers en profite pour pointer son impuissance [celle de sa victime], soit la
demande est faite à un moment où l'on ne peut y répondre. Il sollicite le rejet
car cela le rassure de voir que la vie est pour lui exactement comme il avait
toujours su qu'elle était » (Marie-France Hirigoyen,
« Le Harcèlement Moral », page 115).
Lors de la
phase d'emprise, la tactique du pervers narcissique est essentiellement
d'inhiber la pensée critique de sa victime. Dans la phase suivante, il provoque
en elle des sentiments, des actes, des réactions, par des mécanismes
d'injonction ou d’induction. « Si l'autre a suffisamment de défenses
perverses pour jouer le jeu de la surenchère, il se met en place une lutte
perverse qui ne se terminera que par la reddition du moins pervers des deux. Le
pervers essaie de pousser sa victime à agir contre lui (et à la faire agir
d’une façon perverse) pour ensuite la dénoncer comme « mauvaise ». Ce
qui importe, c'est que la victime paraisse responsable de ce qui lui
arrive ». (Marie-France Hirigoyen, « Le
Harcèlement Moral », page 122).
Le plus dur
pour la victime est de ne pas rentrer dans le jeu, en particulier le jeux des conflits artificiels, provoqués par le pervers.
Isoler
quelqu'un, refuser toute communication, ne pas lui transmettre de consignes,
multiplier les brimades, ne pas lui donner de travail ou un travail humiliant,
au contraire, lui donner trop de travail ou un travail largement au dessus de
ses compétences etc... les cas de figure du
harcèlement moral, du bizutage ou du mobbing, telles
sont les tactiques du harcèlement moral, pouvant se décliner à l’infini.
Selon la
définition la plus courante « Le harcèlement moral est un ensemble de
conduites et de pratiques qui se caractérisent par la systématisation, la durée
et la répétition d'atteintes à la personne ou à la personnalité, par tous les
moyens relatifs au travail, ses relations, son organisation, ses contenus, ses
conditions, ses outils, en les détournant de leur finalité, infligeant ainsi,
consciemment ou inconsciemment, une souffrance intense afin de nuire,
d'éliminer, voire de détruire. Il peut s'exercer entre hiérarchiques et
subordonnés, de façon descendante ou remontante, mais aussi entre collègues, de
façon latérale ».
Si un
emballement peut conduire le pervers narcissique à commettre des actes de
violence, il évite soigneusement de se faire « emballer » par la
police et la justice. Pour cela, il maîtrise l'art de « l'emballage »
des faits dans le discours. Pour paraphraser Philinte,
dans « Le Misanthrope » : « Toujours, en termes
convaincants, ses dénégations sont dites ». Acculé, il peut se faire
passer pour fou, irresponsable de ses actes, car on sait que les fous peuvent
tout se permettre (article 122-1 du nouveau code pénal).
Article
223-15-2 du Code pénal. (Loi nº 2001-504 du 12 juin 2001 art. 20 Journal
Officiel du 13 juin 2001) (Ordonnance nº 2000-916 du 19 septembre 2000 art. 3
Journal Officiel du 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier
2002) Est puni de trois ans d'emprisonnement et de 375 000 euros d'amende
l'abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de la situation de faiblesse soit
d'un mineur, soit d'une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son
âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou
à un état de grossesse, est apparente et connue de son auteur, soit d'une
personne en état de sujétion psychologique ou physique résultant de l'exercice
de pressions graves ou réitérées ou de techniques propres à altérer son
jugement, pour conduire ce mineur ou cette personne à un acte ou à une
abstention qui lui sont gravement préjudiciables. Lorsque l'infraction est
commise par le dirigeant de fait ou de droit d'un groupement qui poursuit des
activités ayant pour but ou pour effet de créer, de maintenir ou d'exploiter la
sujétion psychologique ou physique des personnes qui participent à ces
activités, les peines sont portées à cinq ans d'emprisonnement et à 750 000
euros d'amende...
Définition du
code du travail L 122-49. Aucun salarié ne doit subir des agissements répétés
de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des
conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa
dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir
professionnel. Aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet
d'une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, notamment en matière de
rémunération, de formation, de reclassement, d'affectation, de qualification,
de classification, de promotion professionnelle, de mutation ou de
renouvellement de contrat pour avoir subi, ou refusé de subir les agissements définis
à l'alinéa précédent ou pour avoir témoigné de tels agissements ou les avoir
relatés. Toute rupture du contrat de travail qui en résulterait, toute
disposition ou tout acte contraire est nul de plein droit. (conformément
à la loi n°2002-73 du 17 janvier 2002 de modernisation sociale).
· Il y a cruauté physique lorsque l’un des conjoints s’en
prend à l’autre en lui assénant des coups ou en exerçant des sévices sur sa
personne. ·
Il y a cruauté mentale lorsque l’un des conjoints, volontairement, cherche à
blesser l’autre autrement que par des agressions physiques (injures,
humiliation, mépris). La cruauté mentale provoque une souffrance morale
entraînant parfois des conséquences physiques lorsque la victime est soumise à
des violences verbales, dites psychologiques telles que les insultes, les
menaces, les terreurs infligées, les humiliations...
Pour la
législation française les violences (sévices physiques, actes de barbarie…)
sont prévues dans les articles 222-7 à 227-14 du Nouveau Code Pénal.
La législation
française définit les privations de soins ou négligences selon l’article 227-15
du NCP « le fait pour un ascendant légitime, naturel ou adoptif - ou toute
autre personne exerçant à son égard l’autorité parentale ou ayant autorité sur
un mineur de 15 ans - de priver celui-ci d’aliments ou de soins au point de
compromettre sa santé est puni de 7 ans d’emprisonnement (...) ».
Le signalement
de maltraitance à enfant fait l'objet de la loi du 10 juillet 1989 (art. 40 du
code de la famille et de l'aide sociale). Des dispositions identiques sont
applicables pour permettre le signalement de maltraitance sur personnes âgées,
majeurs protégés ou toute autre victime. Le médecin ne peut pas être arrêté par
l'objection de violation du secret professionnel : l'article 226-14 du
code pénal établit à ce sujet une dérogation au secret médical (art. 4 et
annexe).
On entend par
maltraitance toute violence physique, tout abus sexuel, toute cruauté mentale,
toute négligence lourde ayant des conséquences préjudiciables sur l'état de
santé et, pour un enfant, sur son développement physique et psychique. Article
44 du code de déontologie médicale (Sévices à autrui)
L'article
226-14 autorise la dénonciation des violences mais d'aucune manière celle de
leur auteur présumé, que celui-ci en ait fait l'aveu au médecin ou ait été
dénoncé par la victime. Le médecin n'est tenu que de signaler les sévices
constatés ou dont il a acquis la conviction. Il doit observer la plus grande
prudence lorsqu'il rapporte les dires de son patient.
Dans les cas
flagrants de maltraitance ou de fortes présomptions, le médecin doit soustraire
d'urgence la victime aux sévices, de préférence en l'hospitalisant et en s'assurant
que cette mesure a bien été réalisée.
Dans les cas
moins évidents, le médecin traitant doit faire appel à un spécialiste
(pédiatre, gynécologue, psychiatre...) ou mieux l'adresser à une équipe
hospitalière afin que dans tous les cas le diagnostic de maltraitance repose
sur des éléments indiscutables étant donné les répercussions d'un tel
diagnostic, et la nécessité d'un bilan global.
Loi n° 2000-197
du 6 mars 2000 parue au JO n° 56 du 7 mars 2000, TITRE II BIS
Prévention et détection des faits de
mauvais traitements à enfants
Art. L. 198-1.
- Les visites médicales effectuées en application du troisième alinéa (2°) de
l'article L. 149 et du deuxième alinéa de l'article L. 191 ont notamment pour
objet de prévenir et de détecter les cas d'enfants maltraités.
Art. L. 198-2.
- Au moins une séance annuelle d'information et de sensibilisation sur
l'enfance maltraitée est inscrite dans l'emploi du temps des élèves des écoles,
des collèges et des lycées.
Ces séances,
organisées à l'initiative des chefs d'établissement, associent les familles et
l'ensemble des personnels, ainsi que les services publics de l'État, les
collectivités locales et les associations intéressées à la protection de
l'enfance.
Art. L. 198-3.
- Un décret fixe les conditions d'application du présent titre.
http://www.senat.fr/leg/tas99-091.html
Lorsqu'un
mineur est victime de mauvais traitement ou qu'il est présumé l'être et qu'il
est impossible d'évaluer la situation ou que la famille refuse manifestement
d'accepter l'intervention du service de l'Aide Sociale à l'enfance, le
Président du Conseil Général avise sans délai l'autorité judiciaire.
Voir aussi ces
autres liens
Wikipédia
Bibliographie
Marie-France
Hirigoyen, Le harcèlement moral - La violence
perverse au quotidien, Edition Syros, Paris, 1998
Marie-France
Hirigoyen, Malaise dans le travail, Harcèlement
moral : Démêler le vrai du faux,
Martiale
O'Briens, Le pervers narcissique, Édition Le
Manuscrit, 25 novembre 2002
Alberto
Eiguer, Le pervers narcissique et son complice,
Éditions Dunod, 2004
Marie-Odile
Dupé, Bizutages, Éditions Corlet,
coll. « Collection Panoramiques », Paris, 1988
Christophe
Dejours, Souffrance en France, La banalisation de
l'injustice sociale, Seuil, coll. « L'Histoire immédiate »,
Paris, 1998
Heinz
Leyman, Mobbing,
La persécution au travail, Édition du Seuil, Paris, 1996
Stanley
Milgram,Calmann-Lévy, Soumission
à l'autorité, Paris, 1974
Gérard
Lopez,Arianne Casanova, Il
n'est jamais trop tard pour... Cesser d'être une victime, Editions
Valérie
Duby,Alain Jourdan, Etre
l'épouse d'un tueur en série,
Le
Bouc émissaire, étude comparée d'histoire des religions, James George Frazer,
Librairie Orientaliste Paul Geuthner, 1925
René
Girard, Le Bouc émissaire, Grasset, Paris, 1982
René
Girard, Mensonge romantique et vérité romanesque, Grasset, Paris, 1961
Dr.
Yves Prigent,
Guy
Richard, L’Histoire inhumaine, Éditions Armand Colin, 1992
Gustave
Le Bon, Psychologie des foules, Presses universitaires de France, Paris,
2003
John
Dollard, Frustration and Aggression (1939),
Effroi,
peur, angoisse. Clinique des violences contemporaines, revue éditée par l'association Savoirs et clinique
Denis
Toutenu,Daniel Settelen, L'affaire Romand : Le narcissisme
criminel. Approche psychologique, L'Harmattan, 2003
Dossier thématique « Harcèlement Discrimination
Contestations »
Droit du travail > harcèlement au travail
Témoignages
Nicky
Qu'en est-il du père de votre enfant?
La première chose que je vous conseille est
de consulter la loi et une personne compétente en la matière (avocat, juriste,
assistante sociale...).
Affronter ces craintes vous donnera une idée
plus claire de ce à quoi vous pouvez vous attendre mais aussi et surtout, un
moyen de trouver d'éventuelles solutions pour agir. Et puis, il y a de fortes
chances que réagir en ce sens apaisera vos angoisses, ou du moins, pour partie.
Si vous vivez en France, voici une
association qui pourrait éventuellement vous conseiller: L'Association
contre la violence morale dans la vie privée (AJC).
Bonne chance! ![]()
bonjour ma femme me quitte apres 35 années de vie commune et cela pour vivre à
Je n'ai pas tout lu ton blog encore mais, je
retrouve beaucoup de choses que j'ai vécues. Pour moi aussi écrire cette
histoire m'a permis de faire sortir une partie de cette douleur et de cette
honte qui m'habitait. De plus, c'est le fait d'avoir lu un blog du même type il
y a deux ans bientôt qui m'a permis d'ouvrir les yeux ainsi que le livre d'hirigoyen "Harcèlement moral ou la violence perverse
au quotidien" qui m'ont permis de mettre fin à la relation. J'avais enfin
compris que je n'étais pas fou et que ce genre de chose arrivait à d'autres
personnes. J'avais lu des témoignages ou j'avais retrouvé des scènes vécues mot
à mot et cela a été un grand soulagement. c'est pour cela que témoigner est
important pour aider les personnes qui souffrent encore qu'elles ne sont pas
seules et que l'on peut s'en sortir. Je sais que le processus pour reprendre
confiance en soi est long mais lorsqu'on peut à nouveau se regarder dans une
glace sans honte, un pas important est franchi. Je te souhaite de trouver enfin
le bonheur. Didier
A lire tout ceci, je me rends compte que j'ai
échappé à quelque chose de bien destructeur : une rencontre qui aurait pu
m'être fatale si certaine personne de mon entourage, victime il y a une dizaine
d'années d'un PN, ne m'avait mise en garde. Dans ce que je lis ici, je retrouve
tant de choses : le mépris de l'autre, la dévalorisation constante, la
mise en culpabilité de l'autre alors que la "crasse" vient de lui
seul, l'arrogance, la "sadisation" de
personnes considérées comme étant à son service (personnel de restau par
exemple), non réponse aux questions précises,ne se
trompe jamais (les autres ne sont que des minables par rapport à sa grande
intelligence et son savoir), brille en société et attire toujours l'attention
sur lui, aime être reconnu, ne parle que de lui (l'autre se doit de l'admirer
et de le valoriser sans cesse) etc... c'est
incroyable! Il a sans doute plusieurs "victimes" à la fois, qu'il
repère sur les sites de rencontre, proies faciles car en grande demande
affective. Je suis heureuse d'avoir décelé et analysé tout cela avant que
l'engagement émotionnel et affectif ne soit trop fort.
Le problème avec ce genre de sujet c'est que
ceux qui veulent en parler, souvent en connaissance de cause pour essayer de
comprendre se font taxer d'irresponsables et de manipulateurs alors qu'eux meme ont souffert de manipulation et qu'il faut dans un
premier temps qu'ils soient reconnus dans leur souffrance. Nier leur souffrance
et leur tentative de comprehension du "phenomene" n'est qu'une douloureuse façon de les replonger
dans une situation de culpabilisation deja connue.
Dans un second temps, i lfaut accepter non pas sa
part de culpabilité mais de responsabilité pour accepter de comprendre que
cette danse perverse se joue à 2. On ne se choisit pas par hasard et si on se
fait avoir dans un premier temps c'est tout simplement parce que des enjeux cachésne nous
apparaissent pas tout de suite clairement. la
psychologisation (en laquelle je suis maitresse) n'explique, ni ne justifie
totalement les problemes rencontrées dans ce type de
relation par le 2 individus. Je viens de retomber dans ce genre d'histoire et
pourtant je connais ce genre de mecanique...
Aveuglement hormonal sans doute... Toujours est il que
si je ne peux m'en vouloir, je suis pourtant retombée dedans. C'est allé trop
loin et tres vite mais s'est terminé aussi vite. Et
je suis soulagée de pouvoir en etre sortie en apprennant beaucoup sur me, myself
and I, les enjeux d'une relation y compris celle ci et ce vers quoi je tendais reellement. A ceux qui jette la pierre, etendez
le debat et proposez des pistes de reflexions constructives... ![]()
Ceux qui jettent la pierre... ou plutôt ceux
qui l'ont prise en pleine figure ! On ne se choisit pas par hasard, sans
doute, mais certains éléments de l'histoire de chacun, de chacune nous
prédisposent à rencontrer nos "bourreaux". Responsabilité, bien sûr.
Il faut un long cheminement intérieur, un gros travail sur soi pour en prendre
conscience, accepter cela...
Je suis d'accord avec toi, KalimerO, ce type de ralation se
construit à 2. Les PN ne choisissent pas n'importe qui et les dépendants
affectifs sont capables de demeurer aveugles lorsque la possibilité d'une
relation saine s'offre à eux, alors qu'ils vont repérer au premier coup d'oeil un éventuel bourreau. Tout cela fonctionne comme un
jeu de légos. Les pièces s'emboîtent. On peut voir ça
aussi comme des aimants : + et - s'attirent mais c'est le négatif qui
l'emporte. N'oublions pas pourtant que + et + s'attirent et qu'ils créent du
positif.
Après, il est évident que tout cela se fait
de manière inconsciente, sinon il faudrait être maso pour foncer dans le mur
tête bessée. Et je préfère penser que l'on est
conditionné plutôt que maso.
Et je crois aussi effectivement que pour
éviter ce genre de piège qui a tendance à se répéter, la première chose est de
faire un travail sur soi. On peut bien sûr commencer par se défouler ou se
rassurer en rejetant toutes les responsabilités sur l'autre, ça fait toujours
du bien et il ne faut pas s'en priver, mais il faut rapidement apprendre à se
remettre en cause pour trouver l'origine de ces tendances et pouvoir les
combattre.
Le problème, c'est que même une fois repérées
les raisons qui nous ont poussé à en arriver là, ce n'est pas toujours facile
de s'en sortir. Il faut du temps, de l'énergie, et surtout, ariver
à laisser une chance à des histoires qui se présentent à nous sous des formes
moins passionneles mais qui, petit-à-petit, peuvent
nous faire changer d'avis sur ceux qu'on voyait jusqu'à présent comme des gens
"trop gentils". Car il y a une tendance chez les dépendants affectifs
à voir les gentils comme des faibles (et donc les méchants comme des forts), ce
qui est bien sûr, totalement erroné et certainement dû aux images qui nous ont
construit. Il y a d'ailleurs beaucoup à réfléchir dans cette direction, car je
crois que cela est souvent dû à des problèmes de représentations symboliques
établies dans l'enfance. L'idéalisme issu de ces représentations peut
totalement fausser notre quête de l'autre et nous faire éternellement
rechercher des "bad boys" sous prétexte
qu'ils sont plus durs donc plus solides par exemple...
A méditer.
Attention en lui tenant tête à ne pas rentrer
dans son jeu de la surenchère perverse. ![]()
Les représailles, oui, à coup sûr... ![]()
Bon courage pour la suite et surtout, prenez
soin de vous!
Cher Electre, j' ai
lu le message de lulla qui est la methode
typique du pn. malheureusement je crois que seul ceux
ou celles qui ont ete les proies de ces tarés peuvent
comprendre..les autres si ils sont sain d'esprit et
qu'il n'ont jamais eu a faire a eux pensent que c'est inimaginable et exagéré
et que la proie n'est en fait qu'une victime un peu naive
et consentante.. .mon pn m'a
en fin de compte fait le plus beau cadeau:comprendre
la nature humaine,on ne
doute plus de "soi" quand on comprend les
"agressions".c'est imbécile m'a en fait sans le vouloir donné la clef
du bonheur.. mon pn: 8 ans d'acharnement insidueux, de rumeurs lancées, d'imitation de ma facon d'etre,de
piques insidueuses,..m'a obligé a partir du cercle
d'ami, quand je leur disais(j'avais encore rien lu sur
les pn)mais vous voyez pas que ce mec est un
serpent..si je te dit le mot serpent c'est pas par hazard,ce mec c'est un SSSEERRPENT!!!ils me répondaient oui
oui et un arbre c'est un arbre..
ils les a tous monté contre moi de facon incidieuse..ils se mettaient a me
parler avec compassion ,me disaaient
que je me faisait des idées..de facon douce pour ne
pas me vexer.. c'était insuportable,
et mon pn rencherrissait
mais lui je sentais bien qu'il disait ca faussement et lui continuait a me dire
"tu es mon meilleure pote.on est comme des freres" il m'a toujours dit cade facon
un peu fausse mais je ne comprenais pas pourquoi et moi humain comme j'étais je
culpabilisait de l'envoyer se faire voire.. il faut
préciser qu'au début toutes les filles étaient amoureuses de moi, j'avais un
contact facile avec les gens,j'etait
joyeux, heureux...
LULLA A ECRIT : Longue bibliographie
mais peut-être à relire avec plus de recul et à compléter: les gens ne naissent
pas psychopathes, pervers etc. comme vous le laissez entendre (ET MEME SI JE
CONCOIS QUE CELA PUISSE RASSURER). Je conseillerais par exemple "du
désaveu à l'errance" de Ginestet-Delbreil ou
"bourreaux et victimes" de Sironi afin de
comprendre le processus et de réhumaniser les fameux
pervers (HISTOIRE DE SE DIFFERENCIER D EUX). MAIS PEUT ETRE S AGISSAIT T IL EN
FAIT D UN SIMPLE EXERCICE EXECUTOIRE ?
NEANMOINS, si ce texte a pu aider certaines
victimes de pervers qui s'y sont senties soutenues ET RENARCISEES, je SALUE EN
CE SENS votre démarche (même si JE TROUVE DANGEREUX que vous vous fassiez
passer pour UN SPECIALISTE QUE VOUS N ETES PAS). fin
de citation
OOOHHHH que c'est petit tout ca..que c'est minable ,tu me fais
penser a l'enfant qui n'arrive pas a faire un chateau
de sable et qui va detruire celui de son voisin . quelle haine absurde. LECTEURS SURTOUT FAITES ATTENTION A CE
QUE VOUS LISEZ SUR INTERNET ET DANS LES LIVRES CAR IL Y A BEAUCOUP PLUS DE PN
QUE CE QUE VOUS PENSEZ ET A MON AVIS FREUD EN ETAIT UN BEAU..
IL MELANGEAIT LE VRAI AVEC LE FAUX CE QUI DONNAIT UNE CERTAINE CREDIBILITE MAIS
N A JAMIS CESSER DE CULPABILISER CES PATIENT : SI VOUS ETEZ COMME CA C EST
DE VOTRE FAUTE,IL FAUT FAIRE UN TRAVAIL SUR VOOUUS
MEME.. SOIT C EST QUELQU UN QUI A ETE DANS L ERREUR CE QUI EST FORT POSSIBLE NE
LE SOMME NOUS PAS TOUS AVANT D AVOIR SUBIS ET COMPRIS UN PN SOIT C EST UN BEAU
PN VU LES PHOTOS DE LUI JE PENCHE PLUTOT POUR CETTE IDEE un petit truc que j'ai
remarqué :filmez tout vos amis un par un sous un pretexte
quelquonque (cadrez bien sur le visage)et passez vous
ensuite le film image par image ..il faut absolument vers le visionnage seul et
je vous conseille d etre assis..
LULLApourquoi donc te sens tu agresser par l'article wikipedia sur les PN.. ahh cest simplement que tu n'est
pas d'accord ..et que toi quand tu n'es pas d' accord
tu les dis..parce que tu es quelqu'un de franc..et que ce n'est tout de meme pas
un défaut d'etre franc et d'ailleurs tu vois pas
pourquoi cet electre te pose une question qui elle
pour le coup parait un peu incidieuse.."je ne comprend pas votre demarche
reele ici ?" alors que toi d'ailleur
tu n' a fait que donner un simple avis parmis d'autre (imaginons qu'on puisse effacer les messages
envoyés)et si ton message n'est plus sur le site c'est parceque
t'as eu un probleme informatique ..par
contre t'a pas bien compris ce quet'as dit ton
technicien, parce que tu avoue que tu n'y connais pas grand chose mais bon il
t'a dit que ca pouvait arriveer de temps en temps…
salut à tous j'ai moi aussi connu un PN (un
vrai de vrai)pendant près de 10 ans...autant dire que
je faisai peur à voir..je
crois que c'est inutile de raconter mon expérience, qui se resume
à une souffrance morale terrible, car tous ceux qui s'interessent
de près au sujet savent de quoi il en retourne.
Pour ce qui pense que la victime porte une
responsabilité en elle, meme infime :
ne vous est-il jamais arriver de répondre a un sondage dans
la rue, ou meme simplement de donner l'heure a
quelqu'un ? eh bien c'est tout ce dont le PN à
besoin : une personne HUMAINE en face de lui. Imaginez que cette personne
a qui vous avez donné l'heure une fois, vous la recroiser a votre arret de bus, elle vous redemande l'heure (elle fait de
l'allergie au bracelets montres), vous rendez compte au fil des jours que vous
avez le meme itinéraire pour aller au travail,etc., elle est plutot
sympathique, avenante,se montre séduisante etc... est -il besoin d'épiloguer ? quelqu'est été vos antécedants
de quoi etes vous responsable ? (d'etre humain ?) Ceux qui culpabilisent (de bonne foi j'en
suis sûr) les PROIES de ces PREDATEURS n'ont pas tout à fait compris le sujet.
(c'est dailleurs le drame
des proies) je rebondit sur ce qu'a dit arco (plus
haut) au sujet de la clée du bohneur,
celui qui n'a pas pleinement compris qu'il existe parmis
nous des etres "sans ames",
dont le but existentiel est de manipuler et détruire les autres... je le plain.
c'est bien de comprendre les causes qui on mené les PN
à etre ainsi, de considérer leur "escence" humaine, de ne plus etre
effrayé par leur "machiavélisme diabolique", ça m'a personnellement
beaucoup aidé de comprendre l'icompréhensible. le pervers qui n'eprouve aucun
sentiment "bon" joue avec les croyances populaire et les critères de
ce monde (la névrose commune est le terreau de ses exploits): performance,
beauté, hontes ou pitiées communément admise, le
ridicule, l'auto accablement, etc... Sa 1ere arme, c'est l'incompréhension de
l'autre, d'ou découle la culpabilité, le doute, la souffrance et tout le
tintamarre.. la seconde c'est
une perfidie dans la manoeucre, qui dépassel'entendement. Sa toute puissance provient
uniquement du fait qu'une telle bassesse est proprement insoupçonnable. Et la
dernière, la plus importante de toutes, il sait, ce que nous ignorons volontier :
que le mal-etre est un sentiment
qui ne peut etre -PROVOQUE- !!QUE!! par des -CAUSES- EXTERIEURES.
Il se gargarise secretement
de cette découverte mais il ne se l'applique pas à lui meme...
salut à tous et voici ma conclusion : C'EST PAS MA FAUTE
!!! (a répéter a haute voix, ça fait du bien)
Pour ceux qui veulent voir 2 PN en action
vidéo ici (benoit poelvoord) :
http://the-ou-cafe.france2.fr/archives/36690169-fr.php#para36692854 (copier
coller ds la barre d'adresse)
petit jeu 1 .
trouver les 2 PN . trouver la
personne à bout !
petit jeu 2 (merci Arco) faire des arrets
sur image, sur la présentatrice, et fixer son regard plus de 15 sec.
PS: si quelqu'un pouvait prévenir la victime
qu'il y a un PN parmis ces potes d'enfance, ce serait
sympa !
PS : Bravo electre
pour ce blog !
bonjour à tous, j'ai lu vos messages avec attention; ils m'ont
beaucoup appris et conforté dans l'idée que ma meilleure amie est bien sous
l'emprise d'un pervers narcissique. J'ai beau essayé de lui ouvrir les yeux, il
semble que rien n'y fait. Il a toujours de bonnes excuses. pourriez-vous
me donner quelques conseils pour lui faire prendre conscience de sa situation
sans la braquer ? j'ai besoin de votre aide car
elle prend le chemin de la dépression, je m'inquiète et ne sais pas quoi faire.
J'ai eu une altercation avec lui ce week end mais
comme vous le décrivez si bien, il rejette toute faute sur les autres, ne s"e remettant pas du tout en question. Il fait le vide
dans sa vie et lui pompe son énergie, son amour, son âme... merci d'avance nat
salut , je suis contente d'etre tombé
sur ce site, je l'ai lu d'une traite, en m'arretant
toute fois pour secher mes larmes, je sors d'une
relation, de 3ans avec un pn et meme
si au fond de moi je savais tout ca... je te dit merci car le simple faut
d'avoir pu mettre des mots sur ma souffrance ca m'a fait du bien, beaucoup de
bien! En ce qui le concerne (le pn) il est dans la
phase critique, sur le point d'etre demasqué, il se fait passer pour fou..
il cherche a me detruire encore, sa haine est
toujours vivace, mais heureusement pls son emprise.. je croyais etre devenu folle,pauvre malade, il serait
presque à PLAINDRE si il ne m'avait pas fait tant de mal, bon courage a ce qui
subissent OUVREZ LES YEUX !!! Bye !
salut nat, je crois
que le declic doit venir de sa tete,
ou alors il faut que tu le confonde.. le prendre en flagrant deli de mnsonge, a voir, lui tendre un piege
et le manipuler a votre tour pour qu'il fasse des erreurs, vous connaissez bien
votre amie et vous savez ce qui la touche alors... tapez dans ce domaine, elle
travaillera dans sa tete et finira par voir qu'il ne
tiens pas la route, bon courage car ca va etre
chaud !
re nat... pourquoi ne lui feriez vous pas lire ce blog... !!! Laissez
la seule, pretextez avoir quelque chose à faire dans
une autre pièce, laisser son libre jugement reprendre sa place tranquillement,
elle serait tentée de vous dire que c'est n'importe quoi ce blog, passez alors
dans la piéce pour voir son interet
mais veilliez à ce qu'elle est l'occasion de le lire, si elle n'est pas completement endoctriné, elle prendra une sacrée claque
dans son ego.. mais vous
serez là pour la soutenir, car son seul tort aura été d'etre
trop bonne ... et ce sont les proies preferés des pn... sur ce en esperant vous
avoir un peu aider, bonne nuit
Je pense être un pervers narcissique et je me
demande s’il existe des gens qui ont réussit à s'en sortir.
Que de réactions en mon absence…
Désolée
de vous répondre, y compris aux mails, si tardivement, mon pc est toujours en
panne…
Arco
Ceux ou celles qui ont ete
les proies de ces tarés peuvent comprendre… Je répondre à cela par « Hélas, oui »,
mais j’ai la chance de pouvoir converser sur le sujet avec des personnes qui
n’ont pas été victimes mais qui connaissent et comprennent bien les mécanismes
du PN. Donc cela est tout-à-fait possible !
Cela dit, l’une d’entre elles est mon psy et
l’autre, mon ami qui connaît très bien mon ex PN. Du reste, je sais combien il
est difficile de faire comprendre cette notion aux autres car cela dépasse
l’entendement (et même celui des victimes)… Et très sincèrement, je ne leur
souhaite pas une pareille rencontre !
On ne doute plus de "soi" quand on
comprend les "agressions" Très juste ! Comprendre c’à quoi on a
été confronté permet surtout de se déculpabiliser… Le plus dur reste d’accepter
que cela puisse exister… et de vivre « avec » cet acquis.
Vous dites que vous étiez joyeux et heureux,
qu’en est-il à présent, retrouvez-vous cette joie de vivre ?
Du reste, je vous sens extrêmement remonté
contre Lulla alors que vous admettez vous-même que
son discours est incohérent… Si je puis me permettre, ne vous laissez pas
bouffer par ce genre d’interventions peu constructives. Vous avez besoin de
cette énergie pour vous reconstruire (mais je peux tout-à-fait comprendre que
vous aviez besoin de vous défouler, héhé). ![]()
Cornélius
Je ne comprends pas bien quel passage vous
visez (je n’ai regardé que le début, je n’ai malheureusement pas le temps de
tout visionner) dans la vidéo. Pouvez-vous préciser ? ![]()
Nat
J’évoque ce type de situation dans cet article, je vous copie-colle
un extrait :
Si vous êtes ici pour un aider un proche victime d’un/une manipulateur/trice,
ne lui imposez rien, mais n’hésitez pas à lui communiquer toute la
documentation que vous pouvez trouver à ce sujet et à lui proposer votre aide.
Quitte à être mal reçu ou à vous brouiller, ne le laissez en aucun cas dans
l’ignorance ! Le jour où il s’en sortira, vous serez la première personne
qu’il viendra remercier.
Courage, ne désespérez pas, elles finissent
toutes par s'enfuir un jour!
Carare
Bon courage pour la suite et que du
bonheur !
Nonou
Comment êtes-vous arrivé à cette
conclusion ? J’évoque le sujet de la « guérison » dans cet article.
J’espère que vous y trouverez des réponses.
Du reste, chapeau bas d’admettre que vous avez un problème, c’est vraiment très
rare……… Cependant, allez-y prudemment sur les conclusions, peut-être
n’êtes-vous pas PN et avez-vous seulement des comportements manipulateurs liés
à autre chose. Seul un psy avec qui vous vous sentez à l’aise et avec qui vous
êtes prêt à collaborer entièrement pourra vous éclairer et vous proposer des
solutions !
Moi, j'ai fréquenté un homme durant 3 ans c a
la fin de la toute dernière année que j'ai découvert que c'est un parfait
pervers narcissique, et le pire dans tout ca, c’est le père de mon enfant, alors
je l'ai fuit, j'ai coupé tout contact avec cet homme pour mon bien être et
celui de mon enfant.
Je crois que je vais commencer à modérer les
commentaires: "ah oui" = "melanie"
(même adresse IP). Je soupçonne un troll de vouloir porter atteinte aux
personnes dont il a utilisé l'email pour ces deux pseudos.
Bonjour, J'ai vécu avec ma mère qui est une
perverse narcissique durant quelques années (heureusement pour moi, j'ai
surtout été élevée par ma grand-mère paternelle). Tout d'abord, de ma naissance
à mes 3 ans, elle ne s'est pas du tout occupé de moi,
me laissant des journées entières voire des nuits toute seule dans
l'appartement et j'étais parfois, il parait, attachée à un radiateur. Elle ne
me changeait que rarement et me nourrissait de petits pots à peu chauffés. A 3 ans,quand elle est partie sans
moi, j'étais en retard par rapport aux autres enfants (je marchais à peine, je
ne parlais pas etc...). Les quelques années où j'ai vécu avec elle, ce fut
l'accompagner dans les bars (elle est alcoolique), connaitre ses faits avec ses
amants et ses avortements, me faire faire des régimes à 12 ans alors que je
n'en avais pas besoin, être rabaissé sans cesse tant au niveau physique et
intellectuel... C'est faire venir un mec dans ma chambre pour qu'il me
"dépucèle" (j'avais 16/17 ans) mais heureusement il n'a pas insisté..Ce fut des insultes et me faire rater ma scolarité
(j'étais "trop bête pour avoir le BAC" donc elle m'a fait quitté les
études) Et j'en passe... Je suis suivie actuellement par un psy que je vois
toutes les semaines. Le problème c'est que ma mère est malade (parkinson) et
est en maison de retraite. J'ai décidé de couper les ponts avec elle afin de
guérir de son emprise. Mais du coup, son ex mari, une partie de sa famille me
critique car je me fait passer pour la mauvaise fille
qui s'en fout de sa mère (alors qu'ils sont au courant de ce qu'elle m'a fait).
Il faut dire qu'elle demande de mes nouvelles ainsi que de ma famille alors
qu'elle s'en est toujours moquée (elle a vu ma fille, sa seule petite-fille, la
première fois à l'âge de 15 mois...). Je n'en peux plus de toutes ses pressions
car je souffre de tout cela. Pouvez-vous me donner quelques conseils ou du moins
un peu de soutien, cela me ferait beaucoup de bien ! Par avance, je vous
en remercie.
Bonsoir, je suis en ce moment sous
antidépresseur, car j'ai vécu 1 an de ma vie, a vivre sous l'emprise d'une
perverse narcissique, et bien qu'on ne le pense, je me suis rendu compte de ce
qu'elle étais, mais malgré ça, j'ai toujours mal au cœur, je suis tomber
amoureux d'elle, car elle a tellement joué la confusion des limites avec moi
que je me suis senti si prêt d'elle, et que durant un an, je n'es vécu que pour
elle... Je suis actuellement étudiant, et je peu vous avouer, que pour essayer
de sortir de cette situation, avec elle dans ma classe, a
la voir tout les jours, c'est d'un deuxième cœur que j'aurais besoin... Elle a
littéralement briser mon cœur, et briser tout les morceau...
Aujourd'hui j'ai quand même fait un pas en avant, car grâce au soutient de ma
famille, et de mes amis les plus proches, j'ai absolument cesser
tout contact avec elle... Car en effet, j'ai vraiment faillit mettre fin à mes
jours, et ceux plus d'une fois... Je n'ai que 20 ans, et j'ai été fou durant un
an pour elle... J'en suis même tomber a lui envoyer plus de 1600 messages par
mois, et elle me répondais a chaque fois... Cette
histoire est vraiment aller très loin, puis qu'elle est aller
poser une main courante contre moi, et m'a menacer de porter plainte contre
moi... Malgré ça, les profs ose sont rendu compte de la situation (peut être
même plus tôt que moi...) et après discutions avec mes parents, on décider de
me changer de groupe et donc, je ne la voit plus que
4h par semaine (contre 100% des heures de cours auparavant...)... Tout ce que
je peut vous dire, c'est qu'un homme aussi peu se
faire prendre, et qu'il est difficile (car je la croise au moins 1 fois par
jours...) de sortir de cette affaire... amoureux, le cœur reste que sur cette
personne... Si seulement on n'aimer pas, je pense qu'il n'y aurait pas de cas
comme celui-ci... Je tiens a vous remercier pour
toutes vos informations... je suis en train d'écrire mon histoire, pour la
mettre a disposition et ainsi, éviter que d'autres se fassent prendre... Un an
de mensonge, c'est difficile a digérer, même si un an ce n'es rien...
En gros résumé, si votre conjoint ou conjointe fait ces cinq
choses, c’est un ou une pervers narcissique :
![]()