

Nous
voyons tous, n’est-ce pas, le mal comme quelque chose de destructeur et
démoniaque ! Certes, les effets du mal sont pervers. Mais celui-ci ne
serait-il pas le chemin nous menant vers la lumière ? Ne serait-il pas un
signal d’alarme pour chacun de nous et toute une société ? Et si nos
souffrances étaient une danse divine vers l’autoroute sacrée qui nous conduit à
notre âme ? Et en plus, nous n’avons même pas à tenir le volant et à regarder
où l’on va ? Juste à voir le mal, à en constater les dégâts et ressentir
nos souffrances, nous ne pouvons que voir clair ! Mais pourquoi est-ce si
difficile de nous connecter à nous-mêmes et de voir notre lumière, de sentir
l’amour de notre âme ? Pourquoi restons-nous parfois accrochés au mal et à
notre souffrance ou sommes-nous aveugle devant eux, ne les voyants pas, ne les
ressentant pas ?
De toute ma vie, ma plus grande difficulté fut ma carence à mettre mon
focus sur les belles choses et sur ce qui va bien. Pour certaines raisons,
prendre mes responsabilités était une source d'angoisse. 80 % de mon temps fut
consacré à voir ce qui n'allait pas bien, à créer des situations problématiques
et à essayer de résoudre mes difficultés de vie. Ce sont des comportements
névrotiques à répétitions, système de défense de l’être humain pour finir par
s’auto-guérir. 20% fut consacré à remettre partiellement et périodiquement de
l'ordre dans ma vie et à regarder les beaux côtés de moi-même, des autres, de
la vie… Et donc à réparer, jour après jour, mon appareil psychique que je
détruisais régulièrement sans le vouloir. L'inspiration venait spécialement en
nature ou près d'un cours d'eau, comme le Fleuve St-Laurent par exemple, mais
repartait presque aussitôt.
Ma partie sombre, ombrageuse, celle que j’appelle Gargouille depuis 5
ans en thérapie, a toujours dominé dans ma vie et pris le dessus sur les aubes
de fraîcheur naissantes de mon existence. J'essayais de les conserver,
désespérément, sans succès. Tout ce temps à tenter de résoudre ma vie était en
grande partie une fuite. Je faisais le tour du problème, dans une dose
d'apitoiement et de faux chevalier, mais je ne l'affrontais pas. Je ne peux me
le reprocher, je ne le voyais pas. Je crois même aujourd'hui, qu'il vaut mieux
mettre un problème sur la glace pour un moment, de s'amuser et de profiter de
la vie, plutôt que de s'acharner à résoudre des problèmes qu'on n’arrive pas à
affronter. Se stimuler ainsi à résoudre un problème est aussi un mécanisme de
défense pour éviter de sentir l’anxiété et l’angoisse. Oh! Je ne regrette pas
toutes les connaissances acquises depuis 20 ans. Elles me servent à aider les
autres. Mais elles ne m’ont que peu aider pour moi-même.
Après 20 ans, le résultat de toutes mes recherches me conduit gentiment
à mon cœur et à mon âme en toute humilité. Je suis sur le chemin de la
déconnexion du mental pour me connecter et m’unir à moi-même. Le mental, voie
de l’itinérant ego narcissique se nourrissant de tout ce qu’il peut trouver
pour voiler la réalité. Le cœur, ouverture à la vie, à l’amour, à notre âme, à
laisser passer tout le refoulement retenu depuis la sortie du ventre de notre
mère et même avant pour certaines personnes.
C’est si dur et si rebellant de laisser passer le refoulement parce que
ça fait si mal. C’est pourquoi beaucoup d’entre-nous le fuit, mais parfois à
quel prix! N’oublions pas que toutes formes de compulsion nous conduisent à la
maladie, à la mort, à la prison, à la détresse. Nous sommes impuissants à
empêcher ce refoulement de passer à travers nous. À moins de mourir, une graine
ne peut cesser de pousser. La vie doit pousser, grandir en nous et à travers
nous pour semer son pollen autour de nous. Si on l’étouffe, elle cesse de vivre
et s’éteint. Pourquoi perdons-nous le contact avec notre essence, dans ce monde
de déconnexion : publicité et médias frauduleux, violeurs de nos âmes? Un
sujet qui devrait être d’actualité dans tous les médias justement!
Personnellement, lorsque je commence à plonger dans ce flot d'émotions bloquées, je deviens
très faible physiquement, l'angoisse devient monstrueuse, mes peurs
s'amplifient, et les sensations physiques désagréables m'apparaissent et me
deviennent donc intolérables, inacceptables. Alors, je craque, je me sens
impuissant, je fuis, j'explique, j'explose, je compulse, je commets une série
d'acting out. Je deviens si on peut dire, hors circuit.
Comment quelqu'un de si bien peut-il devenir si déroutant et si
dérouté, même pour lui-même, insaisissable, anxieux, manipulateur, irresponsable,
complexe, sinon pour cacher son âme et la protéger, puis pour calmer ses
angoisses? Notre âme et notre cœur sont notre territoire sacré, cette intimité
sacrée que nous protégeons scrupuleusement, fidèlement, comme un enfant, et ce,
de façon inconsciente. Malheureusement, les moyens utilisés ne sont pas
toujours moraux.
Voilà le paradoxe d’une vie : "L'ombre,
le mal, le diable et la lumière, l’amour, la vie". Je n'ai pas tant à
vous dire, à vous raconter, que de vous sensibiliser à une profonde honnêteté
envers vous-même. C'est là à mon avis, le secret d'un bonheur personnel,
familial, amical et amoureux, et non le secret d'un bonheur superficiel. Le
complexe de l'infidélité réside d'ailleurs dans cette capacité ou non à être
honnête envers soi-même, ainsi qu'à notre seuil de tolérance devant les images
provenant de nos émotions refoulées. On ne les voit que peu, mais elles sont
bien là s’actualisant de façon inconsciente et reproduisant les situations
névrotiques à répétitions de nos vies jusqu’à ce que nous voyons et bercions
ces parties de nous en carences d’amour, de tendresse, d’affection… Bref, en
mal de vivre…
Je suis quelqu'un aux prises avec une recherche de Dieu, même que j'en
ai presque fait une indigestion aiguë, cherchant Dieu à travers les autres,
l’extérieur, le faux extase, le matériel. Je suis
pourtant conscient que je n'y trouverai pas ce que mon inconscient recherche.
Par exemple, je me sens totalement démuni devant le silence des autres lorsque
je m'investis dans une relation d'amitié ou amoureuse. J'aimerais tant qu'on
m'exprime tout, dans de simples mots, sans chercher à me faire sentir ou à me
faire lire entre les lignes ou à me dire que ça ne me concerne pas. Pourquoi ne
pas tout dire simplement? Ce silence est violent et dévastateur pour moi. Je
ressens ce que l'autre pense et vit et il ne m'en parle pas. Outch! Je me sens comme si on me prenait pour une poire.
Cela m'est intolérable. Même en thérapie avec mon psychologue, son silence à ne
pas dire les choses qu'il voit ou pense en rapport à moi comme j'aimerais les
entendre me dévaste. Ceci dit, que mon thérapeute me confronte de cette façon
est tout à fait légitime et normal. Mais les gens qui nous entourent n’ont pas
à jouer aux thérapeutes avec nous. Facile de remettre la faute à l’autre de son
silence. Moins facile de s’ouvrir à l’autre et d’accueillir sa souffrance
vis-à-vis nos propos. Et pourtant, c’est une démarche essentielle à faire pour
maintenir un couple en santé. J'ai une telle soif de vérité. Je suis un drôle
de moineau hein?
Mon âme, mon inconscient, bref, toutes mes ressources m’ont patiemment
conduit vers moi-même, vers mon essence, vers ma source de paix et d’amour.
Mais pour cela, j’ai dû accepter de laisser passer le refoulement accumulé
depuis ma naissance à travers tous les sens de mon corps et d’en accepter la
souffrance… Et ce n’est guère terminé. Enjambée par enjambée, je respire un peu
plus et laisse jaillir tout ce flot d’inhibition hors de moi. J’aimerais vous
présenter un autre chemin, mais je n’ai découvert que celui-ci. Il me semble un
chemin pourtant bien plus doux que celui de la violence et de la compulsion.
C’est un chemin, non de contrainte, de contrôle et de ressentiment, mais de
libération. Méfions-nous de ceux qui nous dirons que notre affranchissement
peut se faire sans trop de souffrance ou sans souffrir. Ils repousseront votre
guérison à plus tard. La vie nous rattrape tôt ou tard où que nous soyons.
Notre corps psychique est-il si différent de notre corps physique? Une
blessure guérit-elle sans souffrance, sans brûlure et sans démangeaison? Ne
laisse-t-elle pas, parfois, de sérieuse cicatrice handicap avec lequel nous
devons apprendre à vivre? La réalité est souvent autre que celle que nous
arrivons à voir! Ce que nous voyons souvent comme un soulagement n’est en fait
qu’un mirage altérant. Nous reprenons alors contact avec notre vide affectif à
la recherche d’une autre source d’eau, car la gorge, voir même tout notre
corps, brûle. Alors, la vérité
et la fontaine de jouvence n’existe peut-être que dans le cœur de chacun
d’entre nous ?
Apprendre à se reconnaître, c’est apprendre à reconnaître l’autre, loll, je pense à l’image ci-dessus, et d’éviter de choisir
la fuite. Aujourd’hui, je sais qu’il m’est difficile de vivre une relation
amoureuse avec une femme qui ne me parle pas de ses expériences de vie et de ce
qu'elle vit dans la relation avec moi, au fur et à mesure, de ce qu’elle vit
dans sa vie intime et profonde. Simplement dire les choses sans sombrer dans un
bouillon de négativité serait pour moi une grande réussite et un grand bonheur.
Ce résultat survient lorsque deux personnes souffrantes et amoureuses sont
confrontées à un effet de miroir les ramenant dans leurs propres souffrances.
Il leur est alors facile de tomber dans la rationalisation ou de se fermer à
l’autre en coupant le lien intime… Tout en gardant une relation fonctionnelle.
Voilà, ici et maintenant, un moment de vérité pour moi, me rappelant ma grande
soif de vérité, combinée à une carence affective insupportable d'avoir été aimé
non-adéquatement, de façon dysfonctionnelle ou mésadaptée.
Il y eut inversion des rôles. Le bébé devenait nourrissant pour la maman et la
mère non-nourrissante pour le bébé. Comment l’aurait-elle su à une époque où
l’on maintenait les gens dans l’ignorance, où le niveau de compréhension du
genre humain était peu développé. Vous avez la chance aujourd’hui, chers
parents, de vous instruire et de cheminer sur vous-mêmes, d’arrêter de vous
fuir et de vous reconnecter à vous-mêmes en acceptant de laisser passer le
refoulement à travers vos sens. Ainsi vous pourrez transmettre un héritage
incroyable à vos enfants : Les respect de soi,
l’amour de soi, l’estime de soi, la sécurité en soi, l’acceptation de faire un
avec la vie et de la laisser agir en nous, comme l’arbre ou l’animal la laisse
agir en lui, sans se poser de question. Pour de nombreuses raisons, nous avons
été dénaturé. Nous sommes interpellés, je crois, à
reprendre contact avec notre vraie essence et notre vraie nature. Ainsi, des
enfants fonctionnels nous succéderont et sauront entraider leur enfant à bien
vivre les différents passages de leur vie : période orale, période anale
et toute les autres qui les conduiront jusqu’à leur vie adulte. Ainsi, vos
enfants cesseront de bloquer durant des années à un tel âge. Ainsi, ils
deviendront autonomes rapidement, selon leur niveau d’évolution. Vos enfants
n’ont pas besoin, surtout pas besoin d’être comme vous voudriez qu’ils soient.
Ils ont besoin de trouver leur propre chemin, celui que la vie veut et a choisi
pour eux. Cela demande beaucoup d’humilité et de détachement émotif en tant que
parents pour accepter cela. Vos enfants ne seront pas plus heureux s’ils sont
des enfants bien éduqués ou des enfants bien choyés. Ce qui les rendra heureux,
et si vous pouviez le comprendre, la seule chose qui les rendra heureux, c’est
que vous les entraidiez à développer leur propre autonomie selon le modèle que
la vie leur a insufflé, non les modèles que vous voudriez qu’ils deviennent
pour votre propre satisfaction. Cela demande énormément d’humilité d’élever un
enfant sain d’esprit. Si vous voulez qu’ils soient heureux, accepter de ne pas
les utiliser pour combler vos carences affectives ou pour obtenir l’attention
et l’affection de l’homme ou de la femme qui ne vous comble pas… Ou de l’homme
ou de la femme absente du milieu ou du noyau familial.
Mais il m'arrive de penser positivement et de croire
aussi, que lorsque je réussirai à débloquer les émotions refoulées étant
jeunes, et donc à en revoir les images, je rencontrerai une femme qui aura une
soif de vérité, tout comme moi, dans sa différence à le vivre, bien sûr, de
dire et de recevoir tout, tout, tout, tout en intimité, tout en complicité, et
de vivre donc, le silence dans la plénitude et non dans la solitude.
Je ne crois pas avoir réglé
le sort de la vie aujourd’hui, mais comme vous le savez, j’aime réfléchir à
haute voix. Si un seul parent, si un seul conjoint, décide de prendre sa vie en
main et de prendre tous les moyens pour s’en sortir et cesser de se fuir, suite
à mes propos, plutôt que de compulser et de projeter sur son entourage, j’aurai
atteint mon objectif. Car l’enfant qui ne développe pas sa propre autonomie,
refoule, développe des mécanismes de défense malsain, étouffe et développe une
carence affective qui le poursuivra jusqu’à ce qu’il finisse par développer, un
jour, dans sa vie adulte, sa propre autonomie, sa propre essence, sa propre et
vraie identité.
Je vous souhaite que la vie
soit belle et que la paix et l’amour s’installe tranquillement dans votre cœur,
pas à pas, jour après jour !
Gilles